2015. MECANIQUE INSTABLE

MECANIQUE INSTABLE !

UN PROJET PLURIDISCIPLINAIRE

affiche mécanique instable

…du sculpteur Jean Tinguely aux bijoux « mécanique instable »

Au début du projet, il y a la rencontre avec l’œuvre du sculpteur suisse Jean Tinguely et du mouvement « Nouveau Réalisme ». Il y a une ouverture du projet avec l’étude analytique de l’œuvre de l’artiste et un travail pluridisciplinaire sur le mouvement « Nouveau Réalisme »… Les 40 lycéens des classes de Terminale « Brevet des Métiers d’Art » – Art du Bijou, sont embarqués dans le projet.

Le sculpteur suisse Jean Tinguely naît le 22 mai 1925 à Fribourg. Après avoir terminé sa scolarité, il commence un apprentissage d’étalagiste dans un grand magasin à Bâle en 1940. Tinguely fait ensuite des études à l’Ecole des arts appliqués de Bâle de 1941 à 1945. C’est pendant ces années que l’artiste découvre l’art de Schwitters et de Klee et qu’il se passionne pour le mouvement du Bauhaus. En 1944, Tinguely commence son étude du mouvement dans l’espace en créant ses sculptures ressemblant à des machines. Il les équipe de moteurs électriques et les fait tourner à grande vitesse. En 1951, il s’installe à Paris et participe à des happenings internationaux avec Robert Rauschenberg. Dans ce cadre, il est confronté au groupe d’artistes les « Nouveaux Réalistes« , formé sans contrainte, et participe dès lors à leurs expositions. Dès 1954, sa première exposition individuelle est organisée à la Galerie Arnaud. Les machines fantaisistes de Jean Tinguely qui comprennent des éléments programmés dus au fruit du hasard et appelés « Métamatics » suscitent toute l’attention du public. Ce sont des machines destinées à la fabrication de dessins ou pouvant s’autodétruire. Ses constructions soudées avec des éléments en fer constituent une attaque ironique par rapport à l’ère technique et à son sens.Tinguely participe à la Biennale de Paris en 1959 durant laquelle il noue des contacts avec le groupe « ZERO ». L’artiste jouit de la reconnaissance internationale dès le milieu des années 60. Tinguely expose notamment à la « documenta » à Cassel entre 1964 et 1977.L’artiste Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely se marient en 1961. Outre sa relation amoureuse avec l’artiste, une étroite collaboration les unit également dès lors. A New York, l’artiste participe à l’exposition « The Machine » au Museum of Modern Art. Un an plus tard, Jean Tinguely est représenté à l’exposition universelle de Montréal. Ses « machines » sont montrées une nouvelle fois en 1968 au Museum of Modern Art à New York dans le cadre de l’exposition « Dada, Surrealism and their Heritage ». Le Museum of Contemporary Art de Chicago organise la même année la première rétrospective portant sur ses œuvres. En 1972-73 a lieu une rétrospective itinérante importante lancée à la salle d’exposition de Bâle. L’énergie de Tinguely reste intacte même dans les dernières années de sa vie. En 1980-81, l’artiste réalise la « fontaine Stravinski » à Paris avec Niki de Saint Phalle. Tinguely réalise d’autres projets d’envergure dans les années 80, citons par exemple des expositions, des groupes de sculptures ainsi que des fontaines. Les travaux de l’artiste ont séduit le monde entier. Jean Tinguely meurt le 30 août 1991 à Berne.

Il y a donc cette volonté de provoquer la mise en relation entre l’œuvre de Tinguely et l’art du bijou, par la réalisation d’un projet personnel créatif, technique et pertinent. Il y a toutes les recherches écrites et graphiques pour un bijou sous forme d’esquisses et de croquis annotés à partir de l’ œuvre de Tinguely et des principes de base de la mécanique du bijou. Le cahier des charges esthétique reprend les sources d’inspiration issues de l’œuvre de Tinguely, à travers les formes et les motifs, les principes mécaniques de transmission, d’articulations, de rotation et de translation… Le bijou sera constitué d’éléments mécaniques manufacturés ou non.

citoyenneté culturelle, l’Europe et… la Suisse

Dans le cadre du projet d’établissement et des actions pédagogiques des années précédentes autour de notre journal lycéen « Le Mur » et de ses ouvertures européennes, nous avons bien souvent travaillé avec le dispositif « Trans Europe Centre » ou les programmes communautaires comme « Comenius » par exemple. Nous avons mené des projets à travers la plupart des états de l’Union Européenne, et la plupart du temps nous avons construit des partenariats avec les établissements scolaires de même identité professionnelle que notre secteur d’activité (bijouterie). Ces partenariats fonctionnent encore et assurent à notre établissement un réseau majeur de contacts professionnels pour des actions, des projets, des mobilités ou des périodes de formation en entreprise.

Cette ouverture européenne que nous aimons faire partager à nos lycéens est citoyenne avant tout, et les récents évènements tragiques dans notre pays incitent particulièrement à consolider cet apprentissage citoyen en direction de la construction européenne…

Pourquoi la Suisse?… Il y a plus d’un an, comme beaucoup, nous avons été profondément inquiets par une votation de nos voisins suisses, qualifiable de sectaire, communautariste et xénophobe… Un vote à l’opposé des convictions citoyennes, républicaines et européennes que nous cherchons à promouvoir… Cependant, nous sommes convaincus, que des milliers de citoyens helvétiques n’ont pas et ne partagent pas cette sombre votation… Dans les premiers contacts amorcés dans les domaines de la culture, de l’éducation, de la création, les professionnels suisses sont ouverts sans réserve à des projets d’ouverture et d’échanges…

L’origine de notre projet « mécanique instable » est donc à la fois professionnelle (la Suisse est incontournable dans les domaine du bijou et de l’horlogerie, le salon « Baselworld » est de notoriété internationale) et citoyenne. La métaphore « mécanique instable » adoptée de l’œuvre de Tinguely renvoie bien entendu à l’étude d’une Europe et d’une planète rendues instables et inégalitaires, et pour lesquelles seul l’apprentissage citoyen et humaniste peut enrayer la mécanique.

L’exposition « Mécanique instable » est présentée au musée de la Cité de l’Or de Saint-Amand Montrond du 13 février au 8 mars 2015… A la suite de cette exposition, du 23 au 26 mars, les 40 lycéens des classes de Terminale BMA partiront en Suisse confronter leurs créations avec l’œuvre du sculpteur, au musée Tinguely (Museum Tinguely Basel) de Bâle. La direction du Musée suisse recevra l’équipe pour une interview spécifique sur l’artiste néo-réaliste parmi les plus innovants du 20ème siècle. Les bijoux « mécanique instable » seront présentés lors de cette rencontre… A Bâle, l’équipe sera présente également à « Baselworld« , l’évènement le plus réputé au monde dans le domaine professionnel et artistique du bijou, le salon international de la bijouterie et de l’horlogerie !

Le projet « Mécanique instable » et le grand reportage en Suisse seront présentés prochainement dans un dossier du journal lycéen Le Mur. Toutes les créations des bijoux « Mécanique instable » sont affichées sur le site internet du journal lycéen.

« Mécanique instable » est un projet, soutenu par le Conseil Régional de la Région Centre au titre du dispositif « Lycéens citoyens« .

+ d’infos sur le site internet du projet /

http://www.le-mur.fr