2020. CORRESPONDANCES IMAGINAIRES SOUS CORONAVIRUS !

Correspondances imaginaires, paysages dystopiques, fictions à faire trembler la planète… où l’homme revisite son histoire avec son lot de pollutions, de surconsommation, de pillage des océans, de destruction des forêts, de fermeture des entreprises, de chômage et de délocalisations, d’égoïsme envers les plus pauvres, de réchauffement climatique et de mondialisation sans contrôle… 

JOHANNE FEVRE.2

 

Mon cher Emile,

J’espère que tu vas bien depuis notre dernier courrier. Excuse-moi de ne pas t’avoir écrit plus tôt, mais j’étais très occupé par les plantations dans le potager. De plus, un lapin visite mon jardin tous les jours. Je le surveille avec attention pour qu’il ne dévore pas mes légumes.

Hier, en ouvrant mes volets, j’aime même vu un cerf qui gambadait sur mon terrain. C’est la première fois que j’en vois un s’aventurer si près depuis « la Renaissance ».

Déjà 65 ans ! Que le temps passe vite. Même si ce fléau de Covid 19 nous a fait perdre des personnes chères, il aura au moins permis au monde d’ouvrir les yeux. Et dire qu’il aura fallu ce désastre pour commencer à vraiment agir pour changer notre façon de vivre.

Tu te souviens lorsque tout le monde faisait ses courses dans les supermarchés et oubliait les petits producteurs ?

Tu te souviens quand on utilisait notre voiture pour aller à la boulangerie qui était à peine à un kilomètre ?

Tu te souviens de ces vaches entassées dans ces hangars immenses, des poules tellement serrées entre elles qu’elles n’avaient plus la force de se lever, des poissons qui disparaissaient des océans à cause de notre surconsommation, des incendies qui détruisaient nos forêts ?

Depuis « la Renaissance », tout a changé. Il n’y a plus d’élevage intensif, plus de surpêche, plus de supermarché et beaucoup moins de voitures. Finalement, ce nouveau monde ressemble à celui que ma grand-mère me décrivait quand j’étais enfant.
Ton ami, Adrien.

Flavie Guignon, 1ère année CAP Bijouterie.

Chers amis,

C’est une guerre planétaire, une guerre qui n’épargne personne. C’est une pandémie, une crise sanitaire avec beaucoup de morts, et ses conséquences désastreuses. Elle s’appelle « coronavirus ». C’est une arme qui se propage, qui nous isole de ceux que nous aimons, qui nous oblige à cesser de vivre normalement. Elle est sournoise, silencieuse, mystérieuse, elle nous effraie. Et nous, dans tout ça, étions-nous prêts ?

Au début, on n’y croit pas, puis on s’adapte parce que nous n’avons pas le choix, et puis parce que c’est l’occasion d’en tirer des leçons, d’anticiper pour une prochaine fois…

Soyons autonomes ! Fabriquons nos propres masques ! Soyons les acteurs de notre pays. Arrêtons de délocaliser nos entreprises. Fermer une usine, c’est supprimer des emplois, et c’est nous rendre dépendants et assistés…

Comment est-ce possible de voir un reportage sur une usine de métallurgie qu’on a fermé l’année dernière, de voir ces salariés au chômage qui ne demandent aujourd’hui encore que la réouverture de leurs ateliers afin de produire des bombes à oxygène nécessaires pour les hôpitaux !

C’est à chacun d’entre nous d’être imaginatif, cette crise a poussé chacun d’entre nous à trouver des solutions pour pallier aux manques de notre pays, mais… Soyons autonomes !

Caroline Dupressoir, Terminale Brevet Métiers d’Art.

 

 

Très chers,

Décembre, janvier, février… Mars, avril, mai… Le silence est plat. Pas de bruit de moteur sur le béton, pas de bruit de rires. Nous jouons dans les parcs et seul le bruit du vent caresse les feuilles des arbres.

De nouveaux individus gambadent dans les rues de la ville, biches, cerfs, chevreuils… tous intrigués par ce nouveau silence. Le ciel est bleu. L’herbe pousse à sa guise. L’eau est claire et potable. L’odeur est devenue agréable, l’air est pur, les pots d’échappement sont tous éteints.

Mais chaque hiver, l’épidémie revient pour nous rappeler que nous ne sommes rien, que nous nous sommes installés sur cette Terre bien après la nature elle-même. Il n’y a pas d’antidote. Pas de solution. Seulement le refuge dans notre maison… Et par la fenêtre, la nature qui reprend ses droits partout où nous ne sommes plus présents.

Nous sommes en 2025. Nous partageons donc l’année avec la nature. Six mois pour elle, pendant notre confinement. Et six mois pour nous, là où nous pouvons sortir, travailler, vivre avec les autres…

Aujourd’hui, les chercheurs du monde entier planchent encore sur une parade contre le Covid 19. Plusieurs solutions sont testées dans différents laboratoires. Elles remettent toutes en question notre façon de vivre. Elles demandent une cohésion de tous les pays riches pour aider les pays les plus pauvres. Elles réclament une hygiène irréprochable, et capable de ralentir la propagation du virus, et un jour, qui-sait, de l’anéantir.

Manon Riendonnant, Première Brevet Métiers d’Art.

 

Chers enfants,

Je me souviens des premières années de l’épidémie quand on nous a dit « ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer longtemps ! »  Cela fait maintenant 5 ans que le virus a décimé 99 % de la population mondiale, et ce fichu virus a encore muté. Avant, les gens mourraient rapidement, mais maintenant ils restent en vie assez longtemps pour infecter beaucoup d’autres personnes. Comme on pouvait s’y attendre, de jeunes générations sont immunisées contre ce virus. C’est pourquoi, après cette découverte, un laboratoire a recherché ces individus hors du commun, pour tenter de créer un vaccin et sauver l’humanité. Mais bon, je m’égare, je vais vous conter le début de cette épidémie…

Tout commença en Décembre 2019 dans un laboratoire de la ville de Wuhan en Chine. Il arriva en fin du mois de mars 2020 en France, peut-être même beaucoup plus tôt, à cause de personnes ayant voyagé dans cette partie du monde. Le confinement débuta rapidement après le début de la pandémie. En Janvier 2021, on se rendit compte que seuls les animaux de compagnie noirs et blancs, à l’exception des tous les autres, ne pouvaient pas transmettre le virus… Alors ce fut une extermination de masse.

La population commença à se réduire rapidement, les stocks de nourriture diminuaient à vue d’œil. En juillet 2021, il ne resta plus que 1 milliard d’habitants sur Terre. Mais on se rendit compte, peu de temps après, que tous les animaux pouvaient transmettre le virus, y compris les animaux de compagnie noir et blanc… Ce fut une deuxième vague.  Plus aucun animal de compagnie n’était accepté, et une quarantaine devenait obligatoire pour toutes les personnes qui en avaient possédé un.

 Aujourd’hui, il ne reste plus que 600 000 personnes sur Terre et je suis le dernier survivant de ma famille. On vient d’apprendre que le virus est en train de muter à nouveau. Il ne tue plus sur le coup, il faut attendre au moins un mois avant que les premiers symptômes apparaissent… Les virologues étudient cette nouvelle mutation.

Johann Foch, 1ère année CAP Bijouterie. (merci à Franck Pavloff, Matin Brun, 1998)

 

Lili, un robot à l’apparence proche d’une fillette de 8ans, demande à deux de ses amis de lui expliquer une chose qu’elle n’arrive pas à comprendre dans des documents trouvés sur un vieux disque dur. Dans ces textes, il est mentionné que les gouvernements des différents pays du monde avaient pour la plupart réagi à la pandémie du Covid 19 par le confinement du peuple. Mais, elle ne comprend pas le comportement de l’Homme…

Pourquoi certaines personnes refusaient de se soumettre au confinement ? Springtrap, un vieux robot, en cours de réparation, lui répond que les gens étaient trop méfiants face aux gouvernements, et que d’autres personnes refusaient par idiotie, tout simplement, de suivre les consignes des autorités. Certains continuaient même de sortir malgré le confinement. De plus, l’homme, égoïste, n’a pas su respecter la planète. Certains présidents déclaraient même que le réchauffement climatique n’avait jamais existé, tout comme la déforestation par l’homme.

Springbonnie, un autre robot, réparé et reprogrammé déclara ceci : « Tu vois Lili, c’est par l’égoïsme des hommes envers la planète et leur manque de jugement que le monde ressemble à ça aujourd’hui, nous sommes là, et eux ont disparu, par leurs idioties. »

Emeline Léal, Première Brevet Métiers d’Art.