2012. NOUVEAU PROGRAMME COMENIUS

CECI N’EST PAS UN BIJOU !

Un nouveau projet européen associe 10 écoles de bijouterie en Europe. Le projet est né d’un clin d’œil à l’un des tableaux les plus célèbres du peintre surréaliste belge Magritte, « Ceci n’est pas une pipe ! » Pendant deux ans, les actions professionnelles et les rencontres citoyennes entre lycéens bijoutiers belges, danois, grecs, italiens, portugais, tchèques, slovaques et français du lycée professionnel Jean Guéhenno vont se multiplier à travers l’Europe. Chroniques européennes régulières dans les éditions du Mur…

 

LE PROJET

« Ceci n’est pas un bijou » est un clin d’œil à l’un des tableaux les plus célèbres du peintre surréaliste belge Magritte qui représente en 1929 une peinture très réaliste d’une pipe accompagnée de ce message « Ceci n’est pas une pipe ». Ce projet associe des écoles partenaires en Europe qui possèdent en commun une formation professionnelle aux métiers du bijou et une volonté d’intégrer le maximum de leurs lycéens dans une pédagogie de projet durable.

« Ceci n’est pas un bijou » engage les lycéens à s’inspirer de cette idée conceptuelle du tableau de Magritte et à en donner leur propre interprétation. La première année, les élèves vont travailler sur les signes et les symboles, en utilisant des matériaux alternatifs et inhabituels pour créer des bijoux. La seconde année, les lycéens seront confrontés à une démarche créative autour de bijoux insolites, à partir de matériaux inédits qui correspondent néanmoins à l’identité géologique, naturelle, historique, industrielle ou culturelle de leur propre territoire et aussi au territoire des autres partenaires.

Le projet d’exposition annuelle se construit localement en lien avec des partenaires professionnels, des artistes et des artisans qui peuvent intervenir lors des quatre phases de réalisation :

1) collecter et étudier des matériaux insolites en relation avec le patrimoine local ou avec le territoire d’un partenaire.

2) créer et fabriquer des bijoux contemporains et articuler des collections collectives.

3) établir par les mots, les images et les paroles des représentations de ces bijoux et diffuser ces expériences (journaux lycéens, sites web).

4) présenter les collections de bijoux à travers une exposition collective itinérante et parmi les collections permanentes des musées associés à ce projet.

THE PROJECT

« This is not a jewel » is a passing reference to one of the most famous paintings of the Belgian surrealist painter Magritte, who represents in 1929 a very realistic painting of a pipe accompanied by this message « This is not a pipe ».  This project associates schools partners in Europe which jointly have a jewellery training and a will to integrate the maximum of their students in a durable pedagogy of project.

« This is not a jewel » urges the students to be inspired by this conceptual idea of Magritte’s painting and give their own interpretations of it. During the 1st year, students are going to work about signs and symbols using alternative and unusual materials to create jewels. For the 2nd year, the students are confronted with a creative step around unusual jewels, starting from alternative materials which nevertheless correspond to the geological, natural, historical, industrial or cultural identity of their own territory and also to the territory of other partners.

This project of annual exhibition is built locally in bond with professional partners, artists and craftsmen who can intervene during the four phases of realization:

1) to collect and study unusual materials in relation to the local inheritance or with the territory of a partner.

2) to create and make contemporary jewels  and to articulate collective collections.

3) to establish by the words, the pictures and the speeches representations of these jewels and to diffuse these experiments (student newspapers , Web sites). 

4) to present the collections of jewels through an traveling exhibition and among the permanent collections of the museums associated with this project.

10 ECOLES PARTENAIRES

Belgique – Antwerp – SIHA. Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten

Belgique – Namur – IATA. Institut des Arts, Techniques et Artisanats.

Danemark – Copenhague – KTS. Kobenhavns Teknishe Skole

France – Saint-Amand Md – LPJG. Lycée Professionnel Jean Guéhenno (co-ordinator)

Grèce – Thessalonique – IIEK. Mokume Institute

Italie – Valenza – ISA Cellini. Istituto d’Arte Benvenuto Cellini

Portugal – Lisboa – EAAA. Escola Artística Antonio Arroio

Portugal – Porto – EASR. Escola Artística Soares Dos Reis

République tchèque – Turnov – SUPS. Střední Uměleckoprůmyslová Škola

Slovaquie – Kremnica – ŠÚV. Súkromná Škola Úžitkového Výtvarníctva

 

POURQUOI CE PROJET ?

Dans ce projet, notre partenariat réunit des écoles associées autour d’une formation commune (métiers du bijou), dont les histoires culturelles, patrimoniales et professionnelles sont d’une extrême diversité. Chacun est conscient que ces différences constituent autant de sources de richesses pour les autres. Chaque école est aujourd’hui confrontée à une problématique commune sur l’évolution de ces métiers du bijou, une évolution sans précédent, technologique, culturelle et économique dans une société mondialisée et parfois confrontée à la concurrence de pays émergents. Le monde du travail dans lequel nos lycéens s’intègrent est éminemment cosmopolite, ouvert sur les diversités, les différences et les innovations. Ce monde du travail ne s’accommode nulle part du conservatisme local ou du repli sur les seules valeurs artisanales cloisonnées, exsangues et séculaires.

Les apprentissages que reçoivent nos lycéens bijoutiers doivent bien entendu conserver l’empreinte légitime et historique des techniques qui constituent l’identité même du métier. Mais, pour s’adapter à la qualification de bijoutier d’aujourd’hui et au bijou de demain, les ouvertures doivent être magistrales, pluridisciplinaires et d’avant-garde. L’espace européen à travers ce partenariat important d’écoles issues des quatre coins du continent devient un enjeu capital. Notre démarche pédagogique à travers ce projet se doit d’être prudente et progressive. Elle prend appui sur une démarche commune et initiale, à la fois sémantique, sémiologique et symbolique dans une première approche didactique autour d’une toile du peintre Magritte (signes et symboles). Puis, à travers une diversité d’outils et de situations d’apprentissages, le projet se doit de confronter les lycéens à la prospection et l’usage de matériaux inédits, insolites, alternatifs ou de récupération, mais qui correspondent néanmoins à l’identité géologique, naturelle, historique, industrielle ou culturelle de leur propre territoire et aussi du territoire des autres partenaires.

Dans ce projet, nous sommes conscients que cet espace pédagogique européen que nous souhaitons tisser avec nos partenaires peut permettre une ouverture et un enrichissement permanent en terme de créativité et d’innovation. Nous sommes conscients également que l’ambition de notre projet rejoint pour chacun d’entre nous une volonté de consolider la motivation scolaire et professionnelle d’un maximum de nos lycéens en les engageant dans les actions Comenius. Les apprentissages professionnel, culturel et citoyen s’en trouvent décloisonnés et intégrés dans un espace pluridisciplinaire où les compétences fondamentales (lire, écrire, mais aussi dessiner, fabriquer, montrer aux autres, comparer…) se trouvent à l’évidence consolidées. Les 4 phases pédagogiques de notre projet collectif (1.rechercher, 2.créer, 3.raconter, et 4.montrer aux autres) constituent une « alchimie » subtile propre à la fois à renforcer des savoirs fondamentaux souvent méprisés et à amplifier une créativité souvent en quête d’ouvertures sur le monde. A travers nos pratiques individuelles de pédagogie de projet et notre expérience collective d’actions européennes, nous sommes tous convaincus que les échanges et les apprentissages générés par ce projet Comenius conduiront nos lycéens respectifs vers une ouverture culturelle majeure, une inspiration créative issue des identités des autres partenaires, et un regard citoyen manifeste et incontestable.