2013. PROJET MAGRITTE BELGIQUE !

Une expédition en Belgique avec les 60 lycéens de seconde année pour lancé le nouveau projet « Ceci n’est pas un bijou ! » dans le cadre du programme européen Comenius… Reportage au musée Magritte de Bruxelles et voyage à travers les images, les mots et les rêves du plus grand surréaliste belge !.. Rencontre dans l’école de bijouterie à Namur, découverte de plusieurs de leurs sections artistiques… Jeux surréalistes, cadavres exquis et portraits croisés parmi les équipes française et belge réunies dans le campus de IATA, notre école partenaire en Wallonie.

Ceci n’est pas un carnet de voyage

BIEN AVANT LE DEPART…

Tout commence par une mémorable photo de groupe… nous sommes un groupe de 60 lycéens bijoutiers de seconde année de CAP, et cette histoire, c’est la nôtre, c’est l’histoire surréaliste de notre projet… une histoire de pommes, de pipes, de chapeaux melon et de parapluies noirs, entre autres…

MARDI…

002

Mardi, le départ ! « Cher journal, il est 2.30 du matin, je me suis levée la tête dans les nuages, je me suis demandé où j’étais avec les yeux à moitié fermés, tout en pensant à mes camarades qui n’avaient pas dormi de la nuit à l’internat, mais j’étais ravie de ce départ en Belgique… » Nous voilà tous à charger les bagages dans le bus, et à prendre place… 4h03 du matin, en route pour Bruxelles ! Coussins, oreillers, chacun fait de son mieux, plié en quatre sur le siège du bus… Vous imaginez bien que pour être sur ce parking à 4 heures, il a fallu se réveiller vers 3 heures du matin ! Chacun, les yeux encore gonflés de sommeil (ou de manque de sommeil) cherche une petite place… Les profs… méconnaissables… Première mission : emmener tout le monde, les 60 élèves de seconde année et 5 profs ! C’est parti !  Autoroute A71… Bourges… Orléans… C’est parti pour une longue traversée !

Premier arrêt, une aire d’autoroute à Orléans, nous changeons de conducteur de bus… On dort… ZzzzZ… Paris, et trois heures d’embouteillage… Il fallait s’y attendre, c’est pareil tous les matins ! Les bouchons sont passés, les panneaux indiquent Lille, Arras, Calais, Valenciennes… Bruxelles ! Les kilomètres défilent. Nous arrivons à la frontière belge à 12.05… Panique générale. Chacun est rivé à son portable : « Allons-nous être coupés du monde ! » Cinquante minutes plus tard, nous sommes dans la périphérie de Bruxelles ! 13.15. Place des Arts de Bruxelles, on se hâte de descendre du bus, un déjeuner rapide nous attend, selon la formule… Pain de mie, jambon et salami, camembert et chips, gâteaux… tout ça debout, sur la place ! Un must dans l’équilibre des repas, mais comme tout le monde est affamé !

13.30. Musée Magritte… Il fait partie des Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique, en flamand, ça donne « Koninklijke Musea voor Schone Kunsten van België » ! Nous sommes Place royale, pas très loin de la Grand’ Place de Bruxelles, tout à fait au centre de la ville… Le musée a ouvert ses portes le 2 juin 2009… On se sépare en quatre groupes, chacun avec un prof et un conférencier qui nous présentera les principales œuvres, mais aussi les mouvements qui ont influencé la vie et le travail de Magritte… A notre grande surprise, les photos sont interdites, mais plus étonnant, les prises de notes également, c’est surréaliste, et ça tombe bien ! Mais, on va découvrir les œuvres de Magritte, les vraies, grandeur nature ! Des centaines de tableaux, dessins, huiles et gouaches, de photos, de documents, de sculptures, d’objets peints, de partitions de musique, d’affiches publicitaires, et de courts métrages sur Magritte, de Magritte, d’après Magritte, le maître est omniprésent ! Incognito… et spécialement pour vous, cher lecteur, nous avons pris le risque de kidnapper une citation de Magritte inscrite sur l’un des murs du musée… « La liberté, c’est la possibilité d’être, et non l’obligation d’être » René Magritte…

003 004 006

Il y a plus de 200 œuvres, toute la vie et la démarche poétique et conceptuelle de l’artiste sont rassemblées ici, c’est vraiment la collection de Magritte la plus riche du monde, un espace de 2700 mètres carrés… Une scénographie parfois impressionnante et dans tous les cas innovante, des éclairages adaptés pour les détails les plus infimes des toiles et des équipements multimédia sympas… Le musée se présente sur trois étages. Un ascenseur avec un liftier un peu étrange et une immense photo de Georgette nue et présentée une partie par étage… Le musée propose ainsi un parcours à la fois chronologique et thématique à travers les œuvres de Magritte.

« La visite vers le monde surréaliste de René Magritte commence donc ainsi… Je reste impressionnée devant la magie des tableaux où le peintre nous laisse imaginer un message, et que chacun d’entre nous parvient à entrevoir une vision parfois différente de chaque tableau ! »

 

L’exposition commence au 3ème étage, de la naissance de l’artiste jusqu’à la période dite « constructiviste » et son départ pour Paris en 1929… Ça commence autour des relations de Magritte avec le groupe « 7 Arts », puis la découverte de Chirico, c’est un peu son « mentor » surréaliste de l’époque… On trouve des revues surréalistes, des tracts, des lettres, correspondance de Magritte avec ses compagnons de Belgique, Mesens, Paul Nougé, Camille Goemans et Louis Scutenaire… et aussi les surréalistes français que Magritte retrouvera à Paris, André Breton, Paul Eluard ou encore Aragon… Le 2nd étage (1930-1950) présente Magritte à partir de son retour à Bruxelles, c’est la crise économique des années 30, Magritte s’adonne à ses travaux « imbéciles » pour la publicité comme il aimait les qualifier… Un travail néanmoins fondateur de son œuvre, tant il approfondit la notion d’image et de sa répétition… Période trouble, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Magritte est mis au banc par les nazis. A la Libération, il expose à Paris sa « période vache » ! Quant au 1er étage (1951-1967), il s’appelle le « domaine enchanté »,

c’est là où on retrouve les grandes images les plus connues de Magritte autour de « l’empire des lumières » et du « domaine d’Amheim ». Œuvres majeures, produites à une époque où Magritte est connu et reconnu…

Notre guide s’appelle Christine. Sur des tableaux nouveaux ou sur d’autres déjà étudiés en classe, elle nous a expliqué la façon de penser de Magritte, et sa façon de travailler

« Magritte disait que le plus important dans un tableau n’est pas la peinture utilisée, ni la technique utilisée, mais l’image représentée… Il disait aussi qu’au lieu de représenter des objets comme tout autre peintre sur un tableau, lui, il ferait hurler ces objets ! »

 

C’est un monde fabuleux, on y a découvert tour à tour L’homme du large, Les muscles célestes, Le mariage de minuit, Les joueurs secrets, L’usage de la parole, La lecture défendue, un portrait de Georgette datant de 1937 ou encore le tableau La mémoire, créé sur inspiration de Chirico ! Et pour notre histoire de projet… un tableau de la série La trahison des images, en noir et blanc, de petit format, et qui s’appelle Ceci continue de ne pas être une pipe !

008 009

Fin de visite… parcours libre et rapide dans le cœur de la capitale, parcours surréaliste autour de la Grand’ Place… C’est la place centrale de Bruxelles, mondialement renommée et inscrite au patrimoine de l’Unesco, elle est bordée par les maisons des anciennes corporations, par l’Hôtel de Ville et la Maison du Roi… Incontournable, le Manneken Pis ! en traduction du flamand « le môme qui pisse », et effectivement c’est une statue de bronze d’une cinquantaine de centimètres, en fait une fontaine qui représente un petit garçon nu en train d’uriner ! Elle est située au cœur de Bruxelles, dans le quartier Saint-Jacques, à deux pas de la Grand’Place, à l’intersection de la rue de l’Etuve et de la rue du Chêne, pour beaucoup de Bruxellois, cette statue est le symbole de l’indépendance d’esprit de la ville ! Plus loin, nous traversons la Galerie du Roi, l’ensemble des galeries royales Saint-Hubert ! On n’a vraiment pas le temps de se perdre ! Je suis partie avec Emmie et Andréa, puis, nous avons croisé Ophélie et Cécile, nous étions dans le parc de Bruxelles « Warandepark », et nous avons décidé de descendre vers le Mont des Arts « Kunstberg » ! C’est là où nous avons croisé des tramways. Surprenant ! Tout le monde les a pris en photo ! Plus loin, visite dans un skateshop, magasin de skates et autres planches… Le temps de déguster une gaufre… et de découvrir la Galerie Saint-Hubert, un endroit magique, un côté art déco… c’est là où nous avons acheté des chocolats !

16.40. le bus, sortie de capitale, 70 kilomètres tout juste, mais nous ne sommes pas tout seuls… 18.12. « Cher journal, il est 18h12, et nous sommes dans la campagne la plus perdue de Belgique, nous ne voyons que des prairies et des petites maisons. Le bus monte et descend des collines, la route se transforme en une mer de béton, le ciel est gris et nos paupières fatiguent, Nos ventres crient famine ! » 18.46. La Marlagne, c’est un lieu particulier géré par la communauté française, nous sommes bien en Wallonie, pas très loin de Namur et tout près de Wépion, le village spécialisé dans la culture des fraises ! La Marlagne est un centre d’hébergement, une sorte de refuge, c’est un site immense, ça s’appelle le Centre Culturel Marcel Hicter… 18.58… le dîner… salades, omelettes et jambon, fruits et compotes…

19.39… On accueille un historien d’art, venu nous présenter une conférence sur Magritte… Louis Richardeau est un historien et critique d’art, et il participe aux projets européens de l’école partenaire à Namur, une intervention qui aura réussi à marquer profondément nos esprits, malgré l’épuisement de la journée… On aurait dit un copain de Magritte, tellement il est précis et passionné ! « Le musée Magritte est ouvert depuis trois ans, les medias en ont beaucoup parlé, et le défi est relevé, les 600 000 entrées annuelles sont atteintes ! Magritte est une star posthume ! Surréaliste, non ! » Le conférencier est formel, il s’agit bien là de la plus grande collection au monde de Magritte et un centre de référence unique pour la connaissance de l’artiste. Retour en 1898, c’est l’année de naissance de René Magritte, à Lessines en Belgique…

La famille Magritte séjourne peu de temps à Lessines. En 1890, elle déménage pour retourner à Gilly, et finalement à Châtelet dès 1904, rue des Gravelles dans un élégant bâtiment « art déco ». C’est là où René Magritte apprend les rudiments de la peinture, réalise ses premières œuvres, et devient artiste ! Avec ses deux frères, c’est là aussi le lieu des années de jeunesse. Le drame en 1912. Régina, la mère de René Magritte se suicide dans les eaux de la Sambre. Au milieu de la nuit, on la cherche partout, et ce sont des traces de pas sur le seuil de la porte et sur le trottoir qui conduisent au fleuve tout proche. Lorsqu’on repêche le cadavre de Régina, son visage est recouvert d’un linge, et on sait combien l’image du visage voilé reviendra souvent de façon consciente ou inconsciente dans l’œuvre de Magritte. En 1913, c’est la première fois que René Magritte rencontre Georgette Berger, à la Foire de Charleroi. Elle n’a que 12 ans. Lui en a 15, mais l’image de Georgette reste gravée dans sa mémoire. En 1915, à l’âge de 17 ans, Magritte prend son destin en main. Il s’installe à Bruxelles, dans une pension pour étudiants, et s’inscrit à l’Académie des Beaux Arts. Il a une allure mi provocateur, mi bohême tout en prenant grand soin de sa tenue vestimentaire… Par le plus grand des hasards, en janvier 1920, il retrouve Georgette au jardin botanique, naissance d’une histoire d’amour qui durera toute leur vie et mariage l’année suivante en 1922.

Le surréalisme. Le mouvement doit son nom au poète Apollinaire qui en 1917 utilise le terme « sur-réaliste » pour nommer une forme d’expression qui dépasse le réalisme. Mais c’est en 1924, qu’André Breton, chef de file du mouvement, lui consacre une existence officielle avec le Manifeste du Surréalisme. Au début, le mouvement est essentiellement littéraire, mais il s’étend rapidement à la peinture, la musique, la photographie, le cinéma… Le Surréalisme se développe à Paris, mais dès 1924, la Belgique est le premier pays autre que la France où naissent des initiatives d’une scène surréaliste. Paul Nougé, Camille Goemans, Marcel Lecomte, les amis de Magritte, diffusent une série de tracts surréalistes titrés Correspondance, et Magritte lui-même avec Léon Théodore Mesens éditent l’unique numéro de la revue Œsophage ! Les années d’études à l’Académie de Bruxelles sont celles où Magritte peint ses premières toiles, d’abord impressionnistes, puis cubistes… Etudiant, il gagne parfois sa vie avec des travaux publicitaires. En 1918, il obtient la commande de sa première affiche, pour des bouillons en cubes ! A l’époque, il fait la découverte des travaux des futuristes italiens, Marinetti, Balla, Boccioni, il considère ce mouvement comme un « défi lancé au bon sens », mais c’est ce même bon sens qui l’a toujours profondément ennuyé ! La production de Magritte, interrompue par son service militaire, hésite bel et bien entre cubisme et futurisme, l’artiste reconnaissant par ailleurs ne pas être très orthodoxe ni fidèle à un mouvement ou à un autre ! Il établit des contacts avec Erik Satie et Tristan Tzara, et au retour de son service militaire se remet à peindre des compositions cubistes, abstraites… Ce sont plus des expériences que l’on appellerait « constructivistes », bien avant que Magritte ne découvre vraiment le Surréalisme !

011 012

Un jour de 1923, grâce à son ami poète Marcel Lecomte, il découvre dans une revue une œuvre de Giorgio de Chirico, Le chant d’amour ! Pour Magritte, c’est une révélation, un des moments les plus importants de sa vie. Il confie même en avoir pleuré. Chirico, le maître de la peinture dite « métaphysique » vient de lui faire comprendre que désormais, il ne s’agit plus de savoir comment peindre, mais quoi peindre. Seule compte l’idée. Peu à peu, Magritte se rapproche ainsi de l’esprit de Dada, il continue ses travaux publicitaires, mais… il a déjà un œil sur Paris, et son groupe surréaliste… 1927, c’est la grande aventure à Paris. René Magritte et Georgette s’installent à Perreux-sur-Marne, où ils vivront pendant trois ans. C’est une période intense, des centaines de toiles produites et Magritte va très souvent à Paris pour des réunions avec les surréalistes français, André Breton et ses amis, Miro, Arp, Dali… Georgette et Magritte iront même à Cadaquès quelques semaines rejoindre Paul Eluard et Galà !.. Un incident… Ce soir-là, Magritte et son épouse se rendent à une réunion du groupe surréaliste, Georgette porte à son cou, comme souvent une chaîne avec une croix en or, simple bijou de famille… Mais Breton le remarque, s’en indigne et conclut à la nécessité de jeter l’objet ! Georgette est offusquée. Elle décide de partir, Magritte la suit, furieux, lui aussi. Le couple prend la décision de rentrer à Bruxelles.

Les œuvres se succèdent… En 1928, la série La trahison des images met en scène une célèbre pipe avec une légende déroutante… Ceci n’est pas une pipe… Est-ce l’image qui est trahie par les mots, ou est-ce le mot qui est trahi par l’image, ou encore l’image trahie par le réel ! En linguistique, on dit que le signifiant, c’est-à-dire l’enveloppe sonore du mot est arbitraire car sans rapport avec la chose qu’il désigne. Il appartient donc au poète de réinventer un nouveau code entre l’image et le mot ! André Breton dira lui-même de cette œuvre « on ne fume pas dans une pipe peinte sur une toile ou dessinée sur une feuille de papier, c’est cela le vrai bon sens, celui des poètes ! »

Le fascisme… Idéologiquement, le mouvement surréaliste s’est plutôt situé à gauche, voire carrément du côté communiste. Magritte est très clairement antifasciste. Il publie un timbre de résistance politique où il représente Léon Degrelle, fondateur du mouvement belge « Rex », un parti nationaliste qui devient rapidement fasciste et qui collabore avec l’occupant nazi. Degrelle se regarde dans un miroir, et son image est transformée en Hitler ! Le message est limpide… Aussi limpide qu’une toile de Magritte en 1939 appelée Le présent et représentant un aigle aux serres acérées et au veston kaki, en pleine actualité de montée des dictatures en Europe, Franco, Salazar, Hitler, Mussolini… La guerre. En mai 1940, Magritte fuit dans le sud, à Carcassonne. Le moral est au plus bas. En réaction radicale contre ce climat sinistre général, Magritte inaugure une manière de peindre complètement différente… Des couleurs vives, flamboyantes… Magritte entend échapper à l’atmosphère oppressante de l’occupation par des tableaux chargés de joie et de lumière…

Après guerre… Magritte espère depuis longtemps une grande exposition personnelle à Paris… Renié par André Breton, il a aussi une revanche à prendre sur les Surréalistes parisiens. Une galerie du Faubourg Saint-Honoré lui fait une proposition. En cinq semaines, de mars à avril 1948, Magritte se met à peindre 17 toiles et 10 gouaches, dans un style exubérant, presque bouffon… C’est la « période vache » ! Il puise son inspiration dans la culture populaire comme les Pieds nickelés, dans les caricatures et représente l’espèce humaine avec d’effrayantes déformations dans des couleurs acidulées. Le catalogue de l’exposition s’appelle « Les pieds dans le plat ». L’incompréhension du public parisien est totale. Les injures pleuvent sur le livre d’or. Les amis d’André Breton s’en donnent à cœur joie. Aucune œuvre n’est vendue ! Pourtant, à partir de 1948, on peut dire que le succès de Magritte commence à être bien présent partout dans le monde. Un marchand d’art célèbre, Alexandre Iolas va orienter l’œuvre de Magritte pour la promouvoir aux Etats-Unis, expositions et musées de Houston à New-York vont célébrer Magritte. L’artiste meurt en 1967.

21.34. Merci à notre conférencier… Maintenant, une autre épreuve nous attend : la répartition des chambres… Vous allez comprendre pourquoi. Nous avons appelé notre lieu d’accueil le « bunker » ! Chargés de nos valises, oreillers et sacs en tous genres, nous voilà partis à la queue leu-leu pour une descente de cinq étages dans un escalier en colimaçon fait de béton brut. Nous arrivons alors dans une pièce intermédiaire mal éclairée, puis, nous suivons un dédale de couloirs pour ensuite remonter de deux étages. Oscillant entre peur et excitation, nous regardons notre guide qui tente de déchiffrer les panneaux sensés nous diriger dans ce labyrinthe. Enfin, nous nous sommes repérés. Nous n’avons plus qu’à slalomer encore dans quelques couloirs pour arriver au bâtiment de trois étages où se trouvent nos chambres ! Ça y est ! La répartition dans les chambres peut commencer… 22.43. Epuisés. Théoriquement, tout le monde au lit… ! Pratiquement… Euh… On ne vous dit pas !

MERCREDI

06.29. Réveil douloureux. Préparation des valises et des élèves… 07.31. Rendez-vous au réfectoire. Petit-déj… 08.32. Départ pour IATA… 09.23. C’est notre école partenaire en Wallonie pour le projet européen Comenius, c’est aussi un partenaire très ancien de notre journal lycéen… IATA, c’est l’Institut des Arts, Techniques, sciences et Artisanats, dans la ville de Namur. A notre arrivée, nous découvrons un véritable campus sur 5 hectares de terrain, une école qui accueille plus de 1500 élèves avec pas moins de 23 orientations possibles dans les domaines des arts et de l’artisanat ! Léon Dachelet, le directeur de l’école nous accueille…

013 014

Reportage au cœur de IATA, les lycéens belges deviennent nos guides… « J’avais donc pour guides trois jeunes hommes et une jeune fille, étranges et bizarres, qui avaient tous une couleur de cheveux rouge cerise, Philippe et Emile ne parlent pas très bien le Français, mais quelques minutes plus tard, nous étions en plein délire, comme si je les connaissais depuis longtemps, ils nous ont parlé de leur lycée et de leur formation, ils adorent la bijouterie et ils habitent un appart pas très loin de l’école. » Philippe a 19 ans, il vient du Luxembourg où il était devenu technicien, mais depuis toujours il préférait la bijouterie. Emile, quant à lui, vivait en Irlande et suivait une formation commerciale, avant de venir à IATA apprendre la bijouterie, son père comme son grand-père étaient déjà bijoutiers. Ils parlent un peu anglais, allemand, français, flamand… Laure quant à elle est française et elle est venue spécialement à Namur pour étudier la bijouterie après un bac littéraire…

09.41. Le département de l’imprimerie… Un professeur avec une moustache rigolote nous accueille et nous montre une imprimante géante… une machine énorme de plus de 8 mètres de long sur 4 de large, entièrement à commande numérique et qui coûte un million d’euros ! Impressionnant ! Elle peut imprimer jusqu’à 17 000 feuilles à l’heure !…

016

09.58. La bijouterie. L’atelier que nous visitons est celui des 6ème, ça correspond à notre 3ème année de formation, aux années de BMA… Ici, on passe son CAP au bout de trois ans, et les techniques ne sont pas abordées de la même façon qu’en France. Ils possèdent du bon matériel, mais les élèves doivent payer à l’année les plaques de métal qu’ils utilisent. On nous propose une démonstration de soudure laser ! Super, certains d’entre nous n’ont jamais pu approcher cette machine !… 015

10.14. L’horlogerie. On nous montre des travaux réalisés par les élèves horlogers, et aussi des mécanismes extraordinaires, depuis les horloges de gare jusqu’au réveil que vous posez sur votre table de chevet ! Ici, les élèves travaillent souvent sur des pièces de vrais clients, ce qui permet d’obtenir des financements complémentaires. Il y a jusqu’à 7 ans d’études dans cette filière !…

10.29. L’ébénisterie. Dans chaque section, l’accueil est bien organisé et on prend le temps de présenter quelques démonstrations. Un prof nous explique la variété de cette section qui doit répondre à deux objectifs, la demande artisanale et la demande de l’industrie ! On enseigne donc toute l’évolution des techniques depuis le travail sur des meubles anciens jusqu’au mobilier contemporain.

018

10.38. Dans le campus, on retrouve les lycéens de IATA… Par équipe de deux ou trois, on est accueilli par un des lycéens bijoutiers belges, le temps de quelques interviews, portraits sur le vif de nos correspondants d’un jour : Martha a 20 ans, elle est en première année de bijouterie, mais elle a déjà passé un CAP d’horlogerie, pour se prévaloir ainsi d’une double formation, c’est un système assez courant ici… Yann a 17 ans, il est en 5ème, ce qui correspondant à la 3ème année en France, il vient de Barbençon et est fan de guitare !… Hazen a 17 ans également, elle est originaire de Namur et est fan de photo… Clothilde va bientôt avoir 23 ans, elle est en 1ère année de bijouterie après avoir obtenu son bac, elle aime les fleurs, la couleur orange, elle n’aime pas l’accent des Français, et plus tard elle voudrait devenir créatrice en haute-joaillerie…

019

10.41…et… nous jouons aux jeux surréalistes…

020 021

10.53… des cadavres exquis franco-belges…

L’humanité renifle la petite sirène

Les lunettes sautent dans les bas fonds de l’Alabama

Une gaufre mange un oiseau bleu

Un navet allume un hélicoptère,

Un lutin jeune et violet arrache une banane,

Le vendeur demande un amour sans limite

 022 023

11.08… des dialogues surréalistes franco-belges…

Si une échelle pouvait marcher, les maisons prendraient feu,

Si j’étais un escargot, je parcourrais le monde,

Si l’ivresse était un sentiment, tout serait dépeuplé,

Si l’amour était simple, je mangerais du cassoulet,

Si le train buvait trop de Red Bull, on lirait l’avenir sur des patates,

 024 025

11.23… autres dialogues surréalistes franco-belges…

Qu’est-ce que l’amour ? Une montagne de neige !

Qu’est-ce que ça ferait d’avoir des palmes ? On fabriquerait des gâteaux à la banane !

Qu’est-ce que le musée Magritte ? Une vieille horloge déréglée !

Qu’est-ce qu’une veste en cuir toute rayée ? Un vide dans l’océan !

 026

11.31… La grande photo… franco-belge !

11.37… Le restaurant de IATA nous accueille, le menu est belge, vol au vent, frites, steaks, yaourts et fruits… Sympa comme cantine ! 12.34. On remonte dans l’autocar, 590 kilomètres… 18.12. Paris à nouveau, et sa petite heure de bouchons… Nous poursuivons notre route, et peut-être avec la fatigue, tout un groupe d’élèves se met à chanter dans le car, sous la direction de Nicolas S., chef d’orchestre improvisé ! 22.31… Enfin ! Enfin, c’était très bien ! Merci à toi pour cette expérience, René !

 

Carnets de voyage,

Eva Abarnous, Nagimat Amshokov, Cécile Barbault, Mathilde Barrault, Clovis Baudry, Melissa Besse, Pauline Billiau, Laurie Bonnet, Maelle Brucy, Caroline Chambon, Eva Fernades, Elodie Bouhours, Marine Chanfrault, Harmony Chardon, Margaux Charpille, Anais Coulon, Jayaraj Covindassamy, Océane Da Fonseca, Adrien Davaille, Marine Dechet, Melisande Derre-Petit, Charline Deschamps, Amélie Desnues, Etienne Dugas, Faiza Fariss, Emie Frutieaux, Cécile Germanicus, Lea Grospaud, Amanda Grunewald, Morgane Guibet, Etienne Guillomet, Ophelie Herter, Aurélie Houbre, Celina Joly, Alban Kerdranvat, Chloé Lahary Dorinet, Flavie Laurens, Gaëtan Laurenson-Bonnin, Alexandre Leroux, Andrea Letheirs, Marie Lucas, Anthony Marchiondo, Melody Monnier, Ophélie Mornat, Lea Naudinet, Axelle Pain, Nattie Perez, Marine Picard, Gautier Rancœur, Marine Repoux, Baptiste Reynouard, Olivia Rouquet, Marion Rousseau, Falilou Seck, Nicolas Serrano, Chloé Soustelle, Christopher Teillac, Anaelle Thibault, Julien Thieblemont, Valentin Tulars, Océane Vang, et Audrey Vezier.