…C’est un diamantaire d’Anvers qui m’a fait découvrir le diamant, il a dit que le mot « Diamant » venait du Grec « Adamas », ce qui signifie invincible et suggère l’éternité de l’amour… Puis il nous a raconté l’histoire du diamant à travers les siècles et les continents… (Pauline Bornet)


ADAMAS
LE DIAMANT ETERNEL


Eternelle. Indestructible. La pierre la plus dure, la plus pure, la plus chargée d’histoire et de symboles… La pierre qui provoqua et provoque encore le plus de convoitises sur la planète… Une histoire qui traverse la grande histoire de l’Humanité, avec ses rêves et ses réalités… Eddy Vleeschdrager est diamantaire, président de la Guilde du diamant et des pierres précieuses d’Anvers (Belgique) et auteur de nombreux ouvrages sur le diamant mondialement connus comme « le diamant dureté 10 »… Invité d’honneur lors des évènements du 20ème anniversaire de notre journal lycéen, il est venu d’Anvers pour nous présenter deux conférences sur le diamant : Conférence ouverte au public et aux professionnels dans le grand théâtre de la Cité de l’Or sur « le diamant, histoire et négoce », et spécialement pour les 250 lycéens bijoutiers de l’équipe dans la salle du journal « le diamant, certification, synthèses, imitations, déontologie et 5ème C »

« Mesdames et Messieurs, chers élèves, je voudrais d’abord remercier mon ami le coordonnateur général du Mur ainsi que toute son équipe pour son invitation à l’occasion du 20ème anniversaire de votre journal lycéen qui me permettra de vous transmettre le virus de ma passion pour cette pierre précieuse qu’on nomme diamant… Après plus de 30 ans de métier, je suis encore quotidiennement confronté mais aussi émerveillé par les aspects inattendus de cette pierre précieuse. »
Eddy Vleeschdrager.

 

Eddy Vleeschdrager

 

Anvers, centre mondial du diamant. Ce slogan est connu, et pourtant, il n’y a pas de diamants dans le sous-sol du pays, et la Belgique n’est pas une société de consommation extrêmement importante de bijoux, comme l’extrême orient ou les Etats-Unis. Mais, malgré tout, Anvers est un grand centre du diamant avec un chiffre d’affaires de 39 milliards de dollars par an ! Avec 2000 sociétés diamantaires, et environ 150 tailleries. Aujourd’hui, la production mondiale du diamant est de près de 140 millions de carats, dont 80% transitent et sont négociés à Anvers.


« C’était la route de la soie, une route très dangereuse pour le transport des diamants,
comme des pierres précieuses, des épices et de la soie,

la Méditerranée était infestée par des pirates ! »


Les premiers indices historiques… Environ 800 ans avant JC, les diamants provenaient des Indes, seul pays producteur à cette époque. Les diamants voyageaient par la Perse, par la mer rouge jusqu’à la mer méditerranée, Alexandrie ou Constantinople, et vers Rome, et plus tard Venise… C’était la route de la soie, une route très dangereuse pour le transport des diamants, comme des pierres précieuses, des épices et de la soie, la Méditerranée était infestée par des pirates !
Bien plus tard, vers 1497, Vasco de Gama ouvrit la route vers le cap de Bonne Espérance, et les marchandises d’Orient purent arriver vers Lisbonne, centre commercial important de l’époque. Les Portugais étaient de grands voyageurs, et avaient de très bonnes relations avec la ville de Bruges, ville très importante de 60 000 habitants, une population à cette époque bien supérieure à Paris, Londres ou Amsterdam ! Une économie florissante, une industrie, un négoce et un système bancaire à caractère international. La ville comptait parmi ses habitants des maîtres lapidaires qui travaillaient les rubis, les spinelles, et parmi eux Louis de Berquem, qui découvrit la taille du diamant. Il utilisait un disque en fonte enduit de poudre de diamant, un principe encore employé aujourd’hui. Cette découverte de base eut lieu à Bruges, avant le déclin de cette ville causé par l’ensablement du canal qui reliait la ville à la mer et ne permettait plus aux bateaux de plus en plus grands de l’emprunter… Louis de Berquem vint alors s’installer à Anvers.


« lors de l’invasion espagnole au 16ème siècle, l’intolérance et l’inquisition régnaient
et de nombreux négociants juifs, et tailleurs luthériens calvinistes furent contraints de partir se réfugier en Hollande,
et c’est ainsi qu’Amsterdam
est devenu un grand centre de diamant. »


Vers 1483, premiers indices de tailleries à Anvers, la ville est située au bord d’un grand fleuve, l’Escaut, avec déjà une infrastructure routière vers le nord en direction des Pays-Bas, vers le sud en direction de la France et vers l’intérieur de l’Europe en direction de l’Allemagne et ainsi vers l’Italie. Il faut attendre 1577 pour que la demande officielle soit faite à la ville d’Anvers pour la création d’une guilde des diamantaires et lapidaires de rubis, un texte de l’époque notifie que cette création est « demandée dans l’intérêt des négociants, des nobles acheteurs et pour la gloire de la ville »… La guilde est finalement créée en 1582 suite à une grave crise économique, elle fut fondée sous un régime calviniste, ce qui sera une raison utilisée plus tard pour la dissoudre. En effet, lors de l’invasion espagnole au 16ème siècle, l’intolérance et l’inquisition régnaient et de nombreux négociants juifs, et tailleurs luthériens calvinistes furent contraints de partir se réfugier en Hollande, et c’est ainsi qu’Amsterdam est devenu un grand centre de diamant.
En 1586, à la libération du pays, lors des Etats Généraux, on proclame le nouveau siècle qui annonce une prospérité économique, « siècle d’or d’Anvers », les tailleurs de diamants reviennent alors à Anvers, période faste où le fameux peintre Rubens qui était diamantaire et collectionneur fut victime d’une escroquerie et dut aller jusqu’en Italie pour récupérer ses diamants ! La compétition commence entre Amsterdam et Anvers pour obtenir la suprématie du secteur…
Les deux pays vont connaître pendant plusieurs siècles, des hauts et des bas, des crises et des guerres jusqu’à la période récente d’entre les deux guerres mondiales. Dans cette première moitié du 20ème siècle, Anvers possède plusieurs atouts économiques : un régime fiscal beaucoup plus souple que la Hollande, des syndicats ouvriers eux aussi beaucoup moins stricts en Belgique, et Anvers s’est doté d’un système bancaire spécialisé dans le diamant, la société générale de Belgique, la Credit Bank, et la Banque de Bruxelles Lambert se sont réunies pour créer la Banque Diamantaire Anversoise… Anvers devient le plus grand centre diamantaire après la seconde guerre mondiale. Actuellement, à travers le monde, il y a 20 bourses du diamant, et 4 sont à Anvers ! dont l’une d’elle spécialisée dans le diamant brut.
Les exportations sont principalement dirigées vers les Etats-Unis (40% des diamants taillés), puis le Japon (16%), l’Europe (12%), et la Chine (19%) en hausse permanente et qui va certainement dépasser le Japon et l’Europe très rapidement. Les autres pays d’Asie représentent 5%. « Une ombre au tableau. Lorsque je suis rentré dans le métier, il y a 25 ans, nous étions près de 30 OOO tailleurs dans le secteur diamantaire, 500 tailleurs travaillaient à Bombay en Inde. Aujourd’hui, dans cette conjoncture de compétition avec les pays à bas salaire, nous n’avons plus en Belgique que 1500 tailleurs, et on approche uniquement en Inde du millions de tailleurs !... sans parler des autres centres comme le Sri Lanka, la Chine, Bangkok et le Viet-Nam… Nous ne pouvions pas continuer à nous battre au niveau des salaires, notre réponse à Anvers a été de se diriger vers la recherche de nouvelles technologies, la taille automatique ou semi-automatique, l’emploi des rayons laser, des ordinateurs pour le calcul de taille des pierres importantes… Aujourd’hui, la production de masse des petites marchandises, la taille des petites pierres est partie vers l’Extrême Orient, et par contre les pierres importantes de 2 carats et plus, les pierres difficiles et haut de gamme sont taillées à Anvers. »


A Anvers, le Conseil Supérieur du Diamant réunit dans son sein, les 13 organisations professionnelles du diamant, les 4 bourses, les associations des tailleurs fabricants, les négociants, la guilde du diamant et des lapidaires, et les deux syndicats ouvriers (l’un d’orientation socialiste et l’autre catholique). De plus le Conseil Supérieur du Diamant possède un département qui régie toutes les importations et exportations de diamants bruts et taillés... A Anvers, deux bureaux de certification du diamant, le HRD, Hooge Raad Diamond et l’IGI, International Gemmological Institute. Ces bureaux élaborent les fameux certificats qui authentifient chaque diamant comme une pierre unique à partir des 4 C du diamant : le carat (0,20 grammes), la taille (cut), la pureté (clean), la couleur (colour)…


Les 4 C du diamant, une carte d’identité pour chaque pierre. Les 4c, ce sont les quatre critères d’évaluation qui déterminent la valeur d’un diamant. Ces quatre critères sont : Le poids qui s’exprime en carats… La pureté qui définit la quantité d’inclusions ou de particularités de cristallisation dans chaque pierre… La couleur, et pour la plus grande majorité, les diamants vont d’une légère coloration jaune ou marron à l’absence totale de couleur, qui est extrêmement rare… et la taille, qui va dépendre du travail de l’homme, la façon dont l’homme va tailler la pierre. Si le diamant est taillé dans de bonnes proportions, la lumière se reflète d’une facette à l’autre et ressort par le dessus. Si le diamant est taillé trop épais, une partie de la lumière s’échappe à l’extérieur vers le bas. Si le diamant est taillé trop plat, la lumière s’en échappe avant même d’avoir été renvoyée sur une autre facette. Un diamant mal taillé s’appelle « l’œil de poisson ». La plupart des diamants sont taillés avec 57 facettes.
Depuis les années 70, le secteur du diamant est confronté à l’apparition des certificats d’authenticité et de graduation des diamants. Si nous avons connu la pagaille des bureaux de certificats lors des années noires de la spéculation sur les « D pure », le marché s’est assaini car depuis, la plupart des officines ont disparu. Actuellement il nous reste trois grandes lignes de conduite : Le CBJIO qui est le plus ancien (années 20), le puissant GIA (Gemmological Institute of America) qui a fêté son 50ième anniversaire et les normes I.D.C. (International Diamond Council) qui réunit IDMA (International Diamond Manufacturers Association) et WFDB (World Federation of Diamond Bourses) qui sont suivies par l’HRD. Il reste aussi les normes d’Extrême-Orient en %. Une nouvelle norme est apparue celle de la puissante organisation de bijoutiers américains l’AGS. Depuis une bonne dizaine d’années, le détaillant et surtout le consommateur souhaitent une harmonisation des normes ce qui implique des concessions de la part des laboratoires et des institutions et vu que chacun se trouve être le plus important, personne ne veut ou ne désire faire le premier pas.


Le poids… C comme CARAT… Le critère du poids est à première vue simple, pourtant ce n’était pas évident il y a un siècle de là, le carat ne représentait pas le même poids en gramme à Paris, Londres, en Allemagne ou aux Etats-Unis… ce qui pose toujours des problèmes lors de recherches concernant les pierres historiques… Ce n’est que lors de la conférence internationale des poids et mesures à Paris en 1906 que la proposition fut faite d’uniformiser le carat à 0,20 grammes, 5 Carats étant l’équivalent de 1 gramme. Actuellement les laboratoires appliquent les normes de trois 0 après la décimale, la dernière est arrondie vers le bas si elle est inférieure à 9, à partir de 9 le centième supérieur est accepté.


La couleur… C comme COLOUR… Au début de la classification des diamants, les références française et anglaise mélangent souvent la couleur à la pureté, les noms font souvent référence à des mines découvertes au début du 20ième siècle : Beau blanc-bleu « Jager feinstes », Blanc commercial « Kimberley », teinte jaunâtre ou brunâtre « De Beers »… Actuellement, il reste, en ce qui concerne les couleurs, principalement les normes GIA (gemmological Institute of America) IDC (International Diamond Council) qui sont suivis par l’HRD (Hoge Raad voor Diamant ou Conseil Supérieur du Diamant).


D             excellent white +                                 0+
E             excellent white                    0
F             rare white                             1+
G             rare white                             1
H             white                                     2
I               slightly                                  3
J              tinted white                          4
K             tinted white+                        5
L             tinted white                          6
M             tinted colour                         7
N             one                                        8
O             tinted colour                         9
P             two                                         10
Q             tinted colour                         11
R             three                                      12
S-X                                                        13-20


Avant les normes GIA, les Américains ne connaissaient que trois couleurs : « A » les pierres blanc bleus, « B » le blanc commercial et « C » les jaunâtres. C’est pourquoi, afin de ne pas prêter à confusion le GIA décida de commencer l’échelle des couleurs avec la lettre D… Les Japonais ont voulu ajouter une couleur C pour les plus blancs que blancs mais heureusement sans succès.


La pureté… C comme CLARITY… Concernant la pureté, les normes sont identiques, exception faite des cas limite entre les puretés où un laboratoire sera plus sévère qu’un autre. Les Américains ont une subdivision entre Flawless et Internaly Flawless ce qu’on peut traduire par « pur » et « entièrement pur », dans les flawless certaines caractéristiques minimales externes sont acceptées… Il faut aussi prendre en compte la position des inclusions, l’inclusion est elle au centre de la table ou bien sur les bords, ou encore sur le rondiste. L’inclusion est-elle visible seulement par la culasse et non par la table ? Et bien sûr, que dire des inclusions exceptionnelles telles que des inclusions de grenats ou de diopside ou bien comme la pierre que j’ai dans ma collection : un magnifique octaèdre au centre d’un dodécaèdre. Ce sont des merveilles de la nature qui sont malheureusement classées piqué 3 ou rejection par le secteur.


La taille… C comme CUT… En ce qui concerne les proportions, le problème devient bien plus complexe. L’Européen et principalement les Français et les Belges aiment une pierre étalée, l’Américain et le Japonais aiment plutôt une pierre plus épaisse. Ceci est avant tout une question de goût. Dans l’article 5 la CIBJO parlait de normes en usage : (1) II est inadmissible de décrire un diamant comme «correctement taillé» si les proportions et la symétrie ne correspondent pas aux normes en usage. Ces normes tiennent compte des proportions générales de la pierre qui, suivant les règles d’optique, donnent un maximum de brillance à la taille moderne… (2) La taille moderne du brillant est basée sur différents calculs d’optiques qui tendent à donner à la pierre une beauté optimum, basée surtout sur la brillance et la dispersion. Différentes combinaisons de proportions pouvant donner des résultats comparables, l’appréciation de la qualité de la taille ne peut donc être faite que par des mesures. D’autre part, le fini est indépendant des proportions, et de moindre importance que la qualité de la taille. Deux différentes indications de fini sont données : les observations concernant les éventuelles particularités de symétries et celles concernant le poli… (3) Le terme «brillant» employé seul ne peut s’appliquer qu’au diamant rond taille brillant… (4) La taille brillant ou «pleine taille» est la forme ronde comportant à sa partie supérieure (couronne) au moins 32 facettes (table non comprise) et à sa partie inférieure (pavillon) au moins 24 facettes (la collette non comprise). Ce sont des règles assez basiques et rudimentaires qui n’ont pas suivi l’évolution du marché. Elles datent de la période des blanchâtres, jaunâtres et purâtres… Le Centre de recherche du Diamant WTOCD département de l’HRD a mis au point un appareil pour contrôler la finesse du polissage des facettes. Ainsi le tailleur peut rapidement voir si la facette qu’il a taillée est lisse comme un miroir, ce qui influence naturellement la brillance de la pierre. Malgré les différenciations de termes, les nomenclatures sont similaires. Les critères d’évaluation du diamant entre HRD et GIA sont parallèles tandis que CIBJO est dépassé par l’évolution du marché par contre AGS instaure un système plus strict avec des limites fort étroites. La question qui se pose est : sont-elles nécessaires ? Quel en est l’avantage pour le consommateur ? Le consommateur désire avoir une garantie de qualité, ce qu’il trouve auprès des 4 C des laboratoires internationaux : HRD, IGI, GIA et AGS. Il convient de préciser que HRD et IGI prennent leurs responsabilités en scellant les diamants certifiés ce qui est une garantie supplémentaire pour le consommateur surtout avec la parution des synthèses et autres manipulations. Ajoutons que l’HRD est le seul laboratoire à avoir obtenu les normes ISO.9002…


« Il est un fait que grâce à l’évolution technologique,
on pourra un jour tout mesurer à l’aide d’appareils de plus en plus sophistiqués. Mais où reste la cote d’amour ? Où reste l’émotion ? La passion ?
Si tout a été décidé par l’ordinateur. »


Aujourd’hui, certains fabricants d’appareils de mesure optique sont arrivés à mesurer à l’aide de réflectomètre de haute précision : La « brillance » qui est la mesure du retour de lumière, le « Feu » qui est la mesure du retour de lumière colorée, la « scintillation », c’est-à-dire la dispersion sortant de la couronne, le tout étant calculé dans un « Index de beauté » ! Il est un fait que grâce à l’évolution technologique, on pourra un jour tout mesurer à l’aide d’appareils de plus en plus sophistiqués. Mais où reste la cote d’amour ? Où reste l’émotion ? La passion ? Si tout a été décidé par l’ordinateur. L’index de beauté ne doit pas être décidé par un ordinateur aussi puissant qu’il puisse être. Laissons une part de rêve dans notre monde déjà si matérialiste !


La structure du diamant. Le diamant possède une structure généralement cubique, bien que l'on ait trouvé du diamant de structure hexagonale dans des météorites. Sous forme cubique, la liaison entre atomes de carbone résulte d'une hybridation des orbitales atomiques de type tétragonale. Chaque atome de carbone au centre d'un tétraèdre est lié par liaison covalente forte à ses quatre plus proches voisins qui en forment les sommets (angle de 109°7 entre les atomes), ce qui lui confère un caractère dur et isolant. La distance inter-atomique dans le diamant est de 1,54 angstroem (1 angstroem (Á) = 10-10 mètre), et les liaisons sont fortes. Le réseau cristallin du diamant est très compact, c'est le matériau qui possède le plus d'atomes par cm3 (masse volumique 3,515 g/cm3) !
Le graphite est formé d'un empilement de feuillets plans composés d'atomes de carbone disposés aux sommets d'hexagones. Dans chaque feuillet, chaque atome est lié à 3 autres atomes par liaisons covalentes, formant un angle de 120° entre eux et la distance entre les atomes de carbone est de 1,42À. Entre les feuillets, les atomes sont liés entre eux par des liaisons faibles, et la distance inter-atomique est beaucoup plus grande (3,35À), ce qui confère au graphite un caractère mou, lubrifiant et conducteur d'électricité. Malgré la plus faible longueur de liaison carbone-carbone entre atomes dans un même feuillet de graphite par rapport aux liaisons carbone-carbone dans le diamant, le graphite est moins dense que le diamant (masse volumique 2,26 g/cm3) du fait de la longue liaison entre les feuillets.


« Lors d’éruptions volcaniques, les diamants qui se sont formés sous cette pression et cette température, dans cette atmosphère riche en carbone,
vont remonter par les pipes volcaniques à la surface de la terre.
L’éminent vulcanologue Haroun Tazieff nous dit que lors d’une éruption volcanique la lave commence à monter à une vitesse de 5 à 30 km par heure
et à une température de 1500° ! »


Où va-t-on trouver les diamants ? Au centre de la terre ! Aujourd’hui, nous ne sommes allés voir qu’à une bonne dizaine de kilomètres de profondeur, on n’arrive pas bien loin ! A partir de 200 km de profondeur, il y a de très hautes températures et de très hautes pressions. Lors d’éruptions volcaniques, les diamants qui se sont formés sous cette pression et cette température, dans cette atmosphère riche en carbone, vont remonter par les pipes volcaniques à la surface de la terre. L’éminent vulcanologue Haroun Tazieff nous dit que lors d’une éruption volcanique la lave commence à monter à une vitesse de 5 à 30 km par heure et à une température de 1500° ! Lors de l’éruption, la vitesse dépasse les 250 km à l’heure, et développe des forces de 1 milliard de chevaux vapeur, la puissance de 29 millions de voiture en une seconde !!! pouvant atteindre 40 000 milliards de kilowatts ! La lave qui entre alors en contact avec l’air entraîne avec elle les cristaux de diamants qui malheureusement se subliment et disparaissent instantanément… Il faut donc d’autres conditions pour trouver vraiment les diamants… Lorsque le volcan s’éteint, la lave qui fait remonter les cristaux de diamant s’enferme dans la kimberlite. A la surface de la Terre, après des millions d’années, le volcan connaît des érosions et les diamants qui étaient au dessus de la terre vont se détacher et rouler dans les rivières, ce sont les diamants alluvionnaires, qu’on va retrouver parfois même jusqu’au bord de l’océan… Les autres vont rester dans la pipe volcanique, c’est là où on va creuser des mines à ciel ouvert. Ce sont d’immenses entonnoirs de plusieurs kilomètres de diamètre, dans lesquels on va descendre avec de grandes machines pour chercher à extraire les diamants, on creuse des galeries, on perce dans la cheminée, on crée des éboulements de kimberlite… Cette kimberlite est un minerai rare qui est le seul à protéger le diamant afin qu’il ne soit pas sublimé lors des éruptions ! Donc, pas de kimberlite, pas de diamants ! Et tant que les diamants sont enfermés dans cette roche, ils sont donc protégés. Bien entendu, il s’agit de volcans qui ont existé il y a quand même 200 à 250 millions d’années…


« au Congo, où les mineurs illicites prennent des risques énormes dans ce trafic de diamants. Ils vont creuser des trous d’une manière très rapide
pour tenter
de trouver immédiatement les diamants, et ne suivent aucune norme de sécurité, des éboulements provoquent des morts régulièrement,
des mineurs
sont ensevelis dans les galeries, et malheureusement, beaucoup d’enfants sont utilisés à ces travaux… »


Aujourd’hui, on tamise ainsi les rivières en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire ou en Guinée, il faut laver et trier des tonnes de matériaux pour pouvoir sortir quelques diamants, ce qui demande des investissements énormes de la part des producteurs... Dans le sud-ouest africain, sur les plages de Namibie, plages interdites bien entendu, on va creuser jusqu’à une profondeur de 15 mètres sous l’océan, ou encore aspirer les fonds marins tout au long des côtes du pays, et on peut encore trouver là de très beaux diamants… Sur les côtes de l’Australie, on utilise aussi ces méthodes. L’Australie était le plus grand producteur mondial, puis le pays a connu il y a deux ou trois ans une perte de sa production, et a retrouvé très récemment un second souffle grâce à d’autres gisements et en particulier aux mines off shore, en mer… Exploitations alluviales ou mines à ciel ouvert, ce sont des tentations permanentes pour les populations, comme au Congo, où les mineurs illicites prennent des risques énormes dans ce trafic de diamants. Ils vont creuser des trous d’une manière très rapide pour tenter de trouver immédiatement les diamants, et ne suivent aucune norme de sécurité, des éboulements provoquent des morts régulièrement, des mineurs sont ensevelis dans les galeries, et malheureusement, beaucoup d’enfants sont utilisés à ces travaux… Le Congo a pourtant joué un rôle important dans la seconde guerre mondiale, ce sont ses diamants qui ont permis aux entreprises américaines de produire extrêmement rapidement de l’usinage, et des armes et munitions pour venir en aide aux Alliés… Au Brésil, une véritable usine flottante creuse le cours des rivières et suce les diamants alluvionnaires, les fonds des rivières sont littéralement raclés et le minerai lavé sur le bateau… Inévitablement, des mineurs indépendants tentent eux-aussi leur chance et vont plonger dans ces rivières de l’Amazonie, creuser dans la boue et chercher avec les mains dans une région hostile, couverte de toutes sortes d’insectes et de reptiles… La Russie demeure un très grand producteur, et dans ses mines à ciel ouvert, des camions avec des bennes de 30 à 40 tonnes parcourent les kilomètres de diamètre que forme l’exploitation en système d’entonnoir… L’Inde était à l’origine le premier pays producteur de diamants, c’est là où nous avons trouvé les grands et beaux diamants historiques, les fameux diamants de Golconque, ce véritable coffre-fort des Maharadjas. Toutes leurs pierres précieuses étaient en effet réunies dans la villes de Golconque. On recommence aujourd’hui à rechercher des diamants en Inde, des jeunes filles sont employées souvent à chercher à la main les pierres précieuses… La Guinée, ancienne colonie française a tenu lors de son indépendance à ne plus avoir de relations économiques avec la France et à travailler le négoce du diamant avec leurs frères soviétiques. Des accords avec l’URSS ont été signés par les deux pays, les Guinéens ont ainsi vendu toute leur production de diamants à l’URSS, et les Soviétiques en échange, leur ont envoyé des… chasse-neige… qui n’ont bien évidemment jamais servi et que l’on peut voir depuis 30 ou 40 ans en exposition dans les villages ! Au Canada, un des premiers producteurs de diamants au monde, une société d’exploitation a découvert récemment à l’intérieur d’un grand lac, deux pipes kimberlitiques. Pour exploiter ces deux pipes, il faut vider le lac ! Le gouvernement canadien a rappelé le soin qu’il accorde à l’écologie du pays et qu’il n’est pas question de vider un lac et de faire disparaître la faune comme la flore. Conclusion, la société est contrainte de créer un nouveau lac artificiel juste à côté, de transvaser poissons, faune aquatique et flore… Ils exploiteront dans les années suivantes les deux pipes kimberlitiques, et lorsque celles-ci seront épuisées, transvaseront à nouveau la faune et la flore dans leur milieu d’origine. Tout cela dans un grand nord canadien, avec un sol gelé, et des températures entre -50° et -60° ! Les mêmes difficultés se retrouvent en Sibérie.


L’avion renifleur et le diamant… Il s’agit bel et bien d’un avion construit par la très sérieuse firme Lockheed aux États-Unis pour un des plus grands producteurs miniers BHP (Broken Hill Properties). BHP Billiton est non seulement un prospecteur et producteur dans le secteur du diamant, mais il est tout aussi un important producteur dans le secteur pétrolier. Le système a été conçu en première version à des fins militaires pour la détection ou la localisation des sous-marins en remplacement des émissions de sonars utilisés depuis la seconde guerre mondiale. Il utilise la légère variation de gravité sur notre planète. En d’autres mots, la pomme de Newton ne tombe pas à la même vitesse partout. Le « gradiomètre » mesure la gravité de manière multidirectionnelle. Le principe, bien que tenu le plus secret possible, est basé sur une masse métallique, probablement du niobium, suspendue par un ressort dans de l’hélium liquide refroidi à 4 K dans un champ magnétique de référence. C’est la variation de gravité qui fait déplacer très faiblement la masse métallique. On peut s’imaginer la sensibilité de l’outil et les compensations des perturbations extérieures qui doivent être prises en considération. Car l’appareillage est placé dans un avion monomoteur Cessna Grand Caravan volant à une altitude de plus ou moins 120m. Une compensation des accélérations de l’avion doit être mesurée avec précision par des systèmes GPS-satellite et fixes sous forme de balise.
Cette nouvelle technique permet de réduire considérablement les frais de prospection qui peuvent s’élever à 20 millions d’euros et dans certaines régions difficilement accessibles à plus 100 millions d’euros. Il faut malgré tout après avoir localisé les régions recourir à la prospection minière classique pour confirmation. Le système est un apport non négligeable au prospecteur car il permet d’obtenir une vraie carte du sous-sol basée sur les variations infinitésimales de la gravité terrestre et de la densité du sous-sol, la nature des roches, dans le cas du diamant la kimberlite ou la lamproïte et dans le cas de la prospection pétrolière les poches gaz (structures anticlinales). L’appareil baptisé Falcon est disponible au prix modique (pour les sociétés pétrolières ou minières) de 1 million de $. Mais déjà la firme BHP élabore un « upgrade » de son système qui devrait être dix fois plus précis que l’actuel. Notre bonne vielle terre finira par nous livrer tous ses secrets.


« le Cullinan qui est le plus gros diamant jamais trouvé.
Il a été divisé en 9 grosses pierres et 96 plus petites. »


Diamants historiques et célèbres… Les 12 diamants les plus célèbres du monde : le Koh-I-Noor qui fait partie des bijoux de la Couronne d’Angleterre (108.93 carats) ; le Cullinan qui est le plus gros diamant jamais trouvé. Il a été divisé en 9 grosses pierres et 96 plus petites. Le « Star of Africa », le diamant le plus gros taillé à partir du Cullinan : l’Excelsior, le deuxième plus gros diamant du monde ; le Grand Mogol ; l’Orloff qui appartient au Trésor de Diamants de Russie à Moscou ; l’œil de l’Idole ; le Régent, exposé au Louvre ; le Hope qui avait la réputation de porter malheur ; le Sancy ; le Taylor-Burton et l’Hortensia.
Vrais et faux diamants, manipulations et synthèses…« Anvers étant un centre mondial du diamant nous sommes en première position concernant les manipulations et les synthèses qui apparaissent sur le marché. Nous avons en plus dans le cadre du Conseil Supérieur du Diamant HRD un Institut de Gemmologie, un département de certification et surtout un Centre de Recherche WTOCD. Ainsi nous avons la possibilité de voir des quantités importantes de diamants bruts et taillés. Pour cette raison, je voudrais vous entretenir de quelques points chauds du secteur avec lesquels vous serez confronté tôt ou tard dans votre futur métier de négociant ou bijoutier. »


La MoissaniteDepuis fin 1997, une certaine panique s’est emparée du secteur surtout chez les bijoutiers. Il y a quelques années la moissanite n’était pas très connue à l’exception des gemmologues. La pierre synthétique fut présentée comme la meilleure imitation ou substitut du diamant. « Personnellement je trouve cette pierre du toc au sens propre et figuré. » C’est un cristal synthétique de “silicon-carbide” découvert par des scientifiques de l’Université de North Carolina University et élaboré par le groupe C3-Ceres. Le produit est mieux connu sous le nom de Carburandum. Les pierres sont taillées en Chine. La Moissanite synthétique est incolore ou colorée et a déjà trompé plusieurs bijoutiers. Le haut indice de réfraction et sa dureté en a fait une pierre “dangereuse”. Le plus dangereux est que l’appareil classique et bien connu “Diamondtester” basé sur la conductibilité thermique est mis en échec. Mais cette lacune était déjà bien prévue par le fabricant de la “Moissanite” qui avait élaboré simultanément un nouveau détecteur pour déceler les moissanites des diamants, mais la vente de son appareil ne marche pas mieux que celles de ses pierres ! Plusieurs indices pour repérer cette pierre synthétique : Les arrêtes de la moissanite sont légèrement arrondies comparées aux arrêtes du diamant, ceci est la suite du polissage de la couronne fait contre des tambours en coton… Le rondiste de la Moissanite montre des stries parallèles dues à la taille que l’on ne voit jamais dans le diamant qui soit rugueux ou bien taillé en facettes… Des lignes de polissage typiques apparaissent sur les surfaces de la Moissanite car elle est polie dans une direction, le diamant, lui, n’a jamais de lignes de polissage sauf dans les marchandises taillées en Inde mais ce sont des lignes de taille bien différentes. Des inclusions en forme d’aiguilles typiques dans la moissanite que l’on ne voit jamais dans le diamant…Une manière assez simple pour séparer dans un lot de pierres, la moissanite du diamant. L’immersion dans un bain d’Iodide d’Ethylène. La Moissanite flottera tandis que le diamant ainsi que le CZ sombrent… La spectroscopie est une technique extrêmement chère qui est employée seulement par les grands laboratoires.
Dans l’Ultraviolet, nous remarquons une forte différence, et le spectre infrarouge note aussi une différence remarquable… Le test final et ultime est le test de dureté au Borazon ou au diamant. Le test laisse malgré tout un dégât sur la pierre, mais les rayures sur la moissanite prouvent que ce n’était pas du diamant.

 


Les remplissages des glets ou déchirures. Il s’agit là de manipulation des pierres, pour pouvoir colmater les déchirures ou les glets… À Anvers, les pierres ne sont jamais manipulées, pour la simple raison qu’on laisse régulièrement bouillir les pierres dans du vitriol ou acide sulfurique avec du sel de salpêtre et cela pendant quelques heures. On fait bouillir les diamants bruts, après le clivage, le sciage, le débrutage, la taille et plusieurs fois lors du triallage, autrement dit, une bonne douzaine de fois avant la vente ou l’exportation, aucun remplissage de supporterait de tels traitements ! On peut reconnaître un diamant qui a subi une telle manipulation par l’effet « flash » lors de l’observation à la loupe ou au microscope. On observe alors une fine ligne comme un cheveu. Lorsqu’on tourne lentement la pierre, on observe un court effet d’éclair comme un arc-en-ciel. L’effet disparaît immédiatement lorsque l’on continue la rotation. L’effet est spectaculaire sous le microscope avec champ-noir. Les couleurs sont jaunes, orange, violettes, pourpre ou rose. Par ailleurs, certains remplissages contiennent des petites bulles d’air qui ressemblent à des empreintes digitales que l’on ne rencontre jamais dans le diamant.


Les nouveaux forages au Laser. Autre technique de remplissage, les forages au laser que l’on remplit de produit. Détection facile lors d’une transmission par rayon X, où on observe clairement la forme du diamant. Les remplissages sont clairs et nets. Au SEM, le microscope électronique scanneur, on découvre sans aucun doute les remplissages… Depuis les années 70, on pratique le forage au rayon-laser pour éliminer les piqués noirs sur les diamants. Le forage donne un fin canal de+- 5 microns.
Par la suite on fait bouillir les pierres dans le vitriol sous vide. Les piqués noirs deviennent blancs. Le nouveau système donne un effet plus naturel comme des inclusions blanches. Probablement on provoque une combustion interne par micro-ondes du centre de la pierre qui monte vers la surface. Les inclusions sont brûlées ou plutôt désintégrées. On observe de fines déchirures à la surface. Dans ce système, on n’a pas de nettoyage à l’acide sous vide. L’inclusion est le point de départ vers la surface. Les inclusions explosent par la chaleur et se brûlent un passage vers l’extérieur. Ils forment des canaux en forme de vers. Les inclusions sont devenues blanches, parfois des picots blancs autour d’une petite inclusion noire. Il donne l’impression de d’être givré. Ensuite on les nettoie pour éliminer les résidus des inclusions.


Les diamants synthétiques. Les diamants synthétiques ont été commercialisés pour la première fois par la firme suédoise Allmana Avenska Elektriska Aktiebolagest en 1953. En 1957 la firme G.E. commença une production massive de diamants synthétique suivit de la De Beers en Afrique du Sud, des Russes et ensuite des Chinois. Le diamant industriel de provenance du Congo Belge avait une valeur de 45 à 50$ le carat au début des années 50 pour dégringoler à 0,50$ au début des années 60. La production a toujours été à des fins industrielles, pour le forage, le sciage et le polissage des matériaux durs. La production va de poudres ultra fines aux granulés. La production est aussi 8 fois plus importantes en carats que la production mondiale de diamants naturels. Bien sûr, le diamant industriel est un produit qui disparaît tandis que le diamant gemme est lui, impérissable... En 1985, la firme Sumitomo Electric Industrie annonça le démarrage d’une production à grande échelle de diamants synthétiques monocristallins de qualité de joaillerie. Les cristaux bruts avaient une couleur jaunâtre de 0,50 à 1 carat de forme typique, carré qui implique la taille de forme carrée, princesse ou taille émeraude… La production de diamants synthétique de Russie vient de la ville scientifique Novossibirsk, elle est de forme différente et de couleur jaune à orange… Lorsque les diamants sont taillés, l’expertise est plus difficile car on ne voit plus la forme brute, mais on reconnaît malgré tout à une coloration en zone typique que l’on ne retrouve pas dans les diamants naturels.
Deux systèmes sont principalement employés à l’échelle industrielle aujourd’hui : le système Belt employé par les Américains et la De Beers. Le système Bars utilisé par les Russes. Les deux systèmes sont fondamentalement les mêmes : de fortes pressions jusqu’à 70.000 kg par centimètre carré et des hautes températures de 1300° à 1700°C. Pour obtenir de telles conditions, on utilise un matériau très solide comme le tungstène et des pièces qui s’emboîtent et se consolident. Ce sont par exemple des sets de huit pièces, des enclumes qui forment une cavité octaédrique. Les éléments de chauffe électrique sont composés du Carbonne comme matériel et d’un solvant métallique qui servira de catalyseur.


Les nouvelles techniques HPHT. Dans certains pays il n’y a pas aujourd’hui encore d’obligation d’informer le client s’il s’agit d’une pierre naturelle ou synthétique, d’un diamant irradié ou pas. Rien n‘apparaît sur les factures, les notes de confiés ou les documents d’exportations. À Anvers c'est une obligation… Une couleur typique de diamants ayant été traitée par les nouvelles techniques HPHT par les Russes. La couleur est vert-jaune intense, facilement décelable car irréelle. Le rondiste montre de fines déchirures tout autour, c’est la suite du traitement HPHT. Il faut de toute façon relativiser le danger de ces imitations, en 1996 le plus grand fabricant de pierres synthétiques de couleurs Chatham annonça la vente imminente de diamant synthétique  blanc et de couleurs de fabrication Russe et taillé à Bangkok. Depuis silence total ! La production reste encore toujours expérimentale, il est d’ailleurs fort difficile de trouver un diamant synthétique sur le marché. Mais il faut suivre cette évolution de près.


« Les diamants Caméléon ont été découverts récemment et sont rares et exceptionnels.
Comme le caméléon qui est un animal qui change de couleur selon son environnement,
l a couleur de ces diamants peut changer aussi
selon la température ou suite à un séjour dans un endroit sombre. »


Les diamants Caméléon. Les diamants Caméléon ont été découverts récemment et sont rares et exceptionnels. Comme le caméléon qui est un animal qui change de couleur selon son environnement, la couleur de ces diamants peut changer aussi selon la température ou suite à un séjour dans un endroit sombre. Il ne faut pourtant pas confondre avec l’Alexandrite qui change de couleur selon la source lumineuse. Le Caméléon change de couleur sous la même source lumineuse. La couleur pourrait aussi changer par un rayon UV ou par l’irradiation qu’elle contient. Une légère chauffe à +- 300-350°c peut lui redonner la couleur d’origine. Une chauffe plus haute pourrait changer la couleur définitivement. Des diamants rose clair sont devenus incolores suite à l’irradiation UV. Après une chauffe, ils ont repris la couleur originale. Les pierres sont généralement phosphorescentes.
Ces dernières années, les diamants de couleurs sont devenus fortement à la mode. Si dans le passé seulement les diamants de couleurs intenses avaient une valeur, aujourd’hui des couleurs faibles sont aussi recherchées et augmentent en valeur et sont certifiées par GIA et HRD. Certains sont si faibles de couleur qu’il faut vraiment chercher la couleur à l’aide de différentes sources lumineuses. Devant cette évolution, il est normal que l’on a essayé d’améliorer la couleur artificiellement. Déjà en 1904 William Crookes expérimenta des changements de couleurs en plongeant des diamants dans un bain de sel de radium. Les diamants changèrent de couleurs, devinrent verts mais très radioactifs facilement détectables au compteur Geiger. En l’absence de compteur Geiger on peut utiliser du papier photographique où l’on dépose les pierres pendant une nuit. Des diamants irradiés dans un cyclotron où des particules radioactives sont utilisées peuvent être radioactives.


« Les diamants radioactifs apparus au début des années 60 ont disparu suiteaux contrôles draconiens lors des importations et exportations faits au Diamond Office à Anvers. Les pierres qui pourraient être interceptées sont immédiatement confisquées et détruites au centre nucléaire de Mol en Belgique. »


Le diamant change ainsi de couleur : au Rayon Alfa (le diamant est bombardé avec des particules d’un atome d’Hélium, mais vu les résidus radioactifs le système n’est pas employé), au Rayon Bêta (le diamant subit un rayonnement d’électrons), au Rayon Gamma (d’origine électromagnétique avec des ondes ultra courte, mais cette méthode donne des résultats trop faibles.) ou enfin par des irradiations à neutrons à haute énergie dans un réacteur nucléaire. Commercialement on emploie seulement les irradiations à neutrons et électrons. Lors de l’irradiation, les atomes sont déplacés dans la mail élémentaire, ce qui donne une absorption différente de la lumière. Les diamants radioactifs apparus au début des années 60 ont disparu suite aux contrôles draconiens lors des importations et exportations faits au Diamond Office à Anvers. Les pierres qui pourraient être interceptées sont immédiatement confisquées et détruites au centre nucléaire de Mol en Belgique.
Actuellement on remarque un arrivage de diamants noirs en provenance des Indes, ils sont déjà traités à l’état brut. On obtient la graphitisation par surchauffe à 1000 ou 1100°C ou bien à 560°C sous vide en absence d’oxygène. Cette graphitisation donne une couche extérieure noire. Après la taille, les pierres sont plongées dans de l’huile noire sous vide. L’huile s’imprègne dans la pierre et vu que les pierres brutes proviennent de marchandises opaques et poreuses du Congo, l’huile s’infiltre dans les petites fissures. Ils sont reconnaissables aux glets remplis de produits noirs vitreux entourés de particules polycristallines. Les diamants naturels non manipulés ont des glets propre et vide. C’est une escroquerie évidente ! Nous avons aussi rencontré des diamants noirs fabriqués d’un mélange de poudres de diamant et de métal. Toutes ces manipulations sont inoffensives et strictement contrôlées, si votre fournisseur vous avoue le type de manipulation qu’il vous vend, il n’y a pas de problèmes.
La production mondiale de diamant brut, année 2005… Cette production a toujours été en augmentation jusqu'à l’année 2005. La De Beers a renouvelé partiellement son contrat avec la Russie ce qui donne une certaine stabilité au marché. De nouveaux pays producteurs sont apparus comme le Canada qui s’annonce être le plus grand producteur du 21ième siècle. La production sous-marine s’intensifie en Namibie dans le Sud Ouest Africain où l’on exploite les fonds marins jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. De nouvelles mines en Russie entrent aussi en production. Des nouvelles prospections sont en cours dans le Sahara Mauritanien et en Europe du nord, Suède, Norvège et la Finlande. De nouvelles sociétés productrices deviennent actives dans le secteur. À côté de la De Beers sont apparus BHP, Rio Tinto et Argyl. Anvers a connu une année record en 2000 avec un chiffre d’affaire de 39 milliards de $ ce qui représente une hausse régulière.
Les premiers chiffres de la production mondiale du diamant brut pour l’année 2005 ont été publiés. Bien que les chiffres de production de pays “exotiques” ne reflètent pas toujours des chiffres rigoureusement mathématiques, l’ensemble de la production de la région est souvent conforme aux statistiques des importations à Anvers, qui importe environ 80 à 85 % de la production mondiale du diamant brut.
La production mondiale de l’année 2006 est évaluée à 8, 900 milliards de dollars américains. L’évaluation de la production est influencée par plusieurs facteurs locaux et internationaux. Une marchandise typique d’un pays peut augmenter suite à une demande spécifique à une certaine période pour diminuer par la suite à cause de saturation. Les valeurs peuvent ainsi selon la loi de l’offre et de la demande fluctuer rapidement de 10 à 20 %. Cette situation a d’ailleurs été dramatique au début du 20ème siècle, avant la politique de stabilisation de la De Beers. Les prix en cette période fluctuaient de plus de 50 %, entraînant souvent un désastre économique dans les centres de taille.
Les “fameux” diamants de provenance des régions belliqueuses nommés les diamants du sang, n’ont eu aucune influence sur les chiffres, car ils représentent moins de 1 % de la production mondiale, en plus cette petite quantité disparaît vers d’autres centres de taille, car Anvers a installé depuis plus d’un an un contrôle strict sur les origines. Aucun envoi de diamants bruts entre à Anvers sans documents et certificats d’origine.
La production de l’année 2005 a été d’environ 140 millions de carats soit 28 tonnes de diamants avec une valeur moyenne de 65 $ le carat.

 


La production mondiale est répartie comme suit :

Australie (Argyle) : 31.000.000 carats (400.000.000$)

Afrique du sud : 12.800.000 carats (950.000.000$)

Botswana : 30.412.155 carats (2.300.000.000$)

Namibie : 1.460.000 carats (450.000.000$)

Congo : 25.000.000 carats (600.000.000$)

Ghana : 500.000 carats (13.500.000$)

République C.A. : 450.000 carats (72.000.000$)

Tanzanie (Williamson) : 166.263 carats (19.965.000$)

Côte d’Ivoire (Séguéla-Tortilla) : 150.000 carats (21.750.000$)

Libéria : 170.000 carats (27.200.000$)

Guinée : 450.000 carats (103.500.000$)

Lesotho : 20.000 carats (5.000.000$)

Brésil : 650.000 carats (29.250.000$)

Vénézuéla : 350.000 carats (45.000.000$)

Guyane : 20.000 carats (1.700.000$)

Chine : 160.000 carats (16.480.000$)

Russie : 25.000.000 carats (1.640.000.000$)

Canada (pourrait devenir le plus grand producteur) : 11.200.000 carats (1.300.000.000$)

Sierra Léone (production officielle) : 300.000 carats (70.500.000$)

Angola (production officielle) : 5.500.000 carats (900.000.000$)

Autres mines : 3.000.000 carats (270.000.000$)

TOTAL : 140.000.000 carats (8.900.000.000$)

 

compte-rendu conférences avec Eddy Vleeschdrager, rencontres, entretiens et discussions,
Pauline Bornet, Noëmie Wessels, Quentin Taupin, Philippe Maheas, Allison Danaire, Sabine Peyroulet, Dorothée Renault, Coline Doubleau,Camille Blochas, Cédric Chomette, Sébastien Morel, Geoffrey Loriquet,Maxime Ries, Priscilla Léon, Aurore Monvoisin et Séverine Vautier.
accueil et introduction,
Romain Lambert,
sincères remerciements à Serge Vinçon, sénateur-maire et la Mairie de Saint-Amand Montrond,
pour le soutien et l’aide apportée à ce projet, l’organisation de la conférence publique à la Cité de l’Or et le transport des 200 lycéens internes à la Cité de l’Or,