JOAILLERIE SCIENTIFIQUE
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Espagne. Madrid. Christine Vasseur est gemmologue et expert en joaillerie, elle enseigne à AETA, l’Asociacion Espanola de Tasadores de Alhajas, notre partenaire espagnol. Christine Vasseur appartient à l’équipe du comité de direction du PLE, elle en est la secrétaire générale. Antonio R. Nolasco est joaillier et gemmologue, il dispense lui aussi des cours à l’AETA de Madrid. Antonio R. Nolasco est chef d’entreprise, il dirige la société AURYGEM ESPANA, un centre d’expertise qui offre une gamme de services très variés en direction du monde de la bijouterie : réparations sur bijoux récents ou anciens, créations de pièces d’après dessins, restauration de bijoux anciens, cire et plastiline… Au sein de l’entreprise, un laboratoire de gemmologie très à la pointe des nouvelles techniques établit des analyses scientifiques d’identification et délivre des certificats pour les diamants, les pierres de couleur, les pièces de joaillerie et les bijoux anciens… |
Nos partenaires espagnols sont venus de Madrid lors des journées célébrant le 20ème anniversaire du Mur, pour présenter leurs travaux à l’ensemble de l’équipe du lycée Jean Guéhenno… Présentation également du « bijou ancien », comme une voie d’orientation professionnelle du métier de bijoutier d’aujourd’hui. Expertise scientifique, analyse optique, et étude plasticienne constituent le travail d’approche pour l’identification et l’expertise d’authentification du bijou ancien.
L’ANALYSE OPTIQUE D’UN BIJOU
« Nous sommes très heureux d’être parmi vous, nous venons de visiter les ateliers, et nous sommes très surpris de la qualité des installations, et surtout de la qualité du travail des élèves. Je suis gemmologue et j’appartiens à l’association « Asociacion Espanola de Tasadores de Alhajas », ce qui correspond plus ou moins à la chambre nationale des experts en HBJO et pierres précieuses. Je lutte énormément pour que l’ensemble de notre profession soit en contact avec le marché du neuf, de l’ancien, de l’occasion et les salles des ventes. Il y a en effet tout un secteur autour des salles des ventes et du marché de l’antiquité, où il faut aussi connaître le bijou, ses techniques de fabrication, les imitations et la restauration, aussi bien pour le métal que pour les pierres… » Christine Vasseur.
l’histoire des bijoux… Antonio R. Nolasco nous présente son entreprise à Madrid, « Aurygem Espana », et son objectif est clairement de nous faire découvrir une facette de notre métier, une facette rare et méconnue :
« Buenos dias, je vais essayer de vous transmettre les leçons que j’ai apprises avec le temps, et j’espère que vous pourrez les utiliser dans votre vie professionnelle future. Quand on apprend la bijouterie et la joaillerie comme vous le faites actuellement, on apprend les techniques et les métaux, on apprend comment transformer ces métaux et surtout comment les travailler, on apprend comment partir de rien et parvenir à créer. Mais, il y a quelque chose de fondamental que nous devons apprendre par nous-mêmes, c’est savoir regarder et observer un bijou ! » En effet, il est évident que tout au long de notre carrière professionnelle, nous nous retrouverons de nombreuses fois, dans la situation où nous aurons dans les mains des bijoux qui n’ont pas été fabriqués actuellement, des bijoux anciens, des bijoux qui ont une histoire et qui ont leur propre vie. Ces bijoux-là, il faudra apprendre à les regarder, à les traiter et à les conserver. l’endroit et l’envers… Pour analyser un bijou, il faut souvent le regarder à l’envers. L’envers donne toujours beaucoup plus d’informations ! Cette méthode est l’une des techniques de base de la « joaillerie scientifique ». Il faut savoir regarder beaucoup plus loin que l’observation première pour parvenir à authentifier vraiment le bijou, connaître l’époque, reconnaître une imitation d’une pièce originale, retrouver l’auteur, le fabricant… Pour cela, il est évidemment important d’avoir des connaissances en histoire, en art, de connaître et maîtriser un peu le marché national et international, connaître la demande de ce marché… Et les gemmes, bien sûr. « Quand vous aurez terminé vos études, je vous conseille d’apprendre la gemmologie, on ne peut pas donner la valeur d’un bijou si on ne connaît pas les pierres qui le composent, sans être certain que la gemme est naturelle ou synthétique ! » |
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l’étude des pierres… Pour Antonio R. Nolasco, l’étude des pierres sur un bijou ancien délivre toujours beaucoup d’informations. « Nous observons toujours les pierres et surtout la façon dont elles sont taillées, afin d’être certain que la taille correspond bien à l’époque du bijou. Et ainsi, si le type de taille ne correspond pas à cette époque, on peut se rendre compte que les pierres ne sont pas d’origine. » Autrefois, les pierres étaient fréquemment couvertes de métal à l’arrière du bijou, aujourd’hui on laisse généralement passer la lumière, c’est une technique et une façon de monter le bijou complètement différente. D’une façon générale, tous les bijoux peuvent parler ! Tout change en permanence, et même si on a l’impression d’un éternel retour à des inspirations anciennes, les formes de création d’un bijou ne se répètent jamais vraiment dans l’histoire.
le travail des métaux… D’autres données d’analyse scientifique sont obtenues à partir des métaux.
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« A ce titre, les bijoux détériorés sont très importants pour notre activité, car ils nous font découvrir les techniques utilisées à leur époque, et là encore si nous observons une incompatibilité entre l’époque donnée et la technique utilisée, il y a risque majeur d’imitation, de falsification. Une pièce originale des années 30 est perforée avec un instrument manuel, une reproduction contemporaine de ce même bijou sera perforée avec un tour mécanique, la différence est flagrante ! » se méfier des poinçons… Les poinçons comme marque indélébile et signature du bijou, comme élément d’identification et de certification…Antonio R. Nolasco est beaucoup plus prudent sur cet élément. Pour lui, les poinçons donnent aussi beaucoup d’informations, mais seulement complémentaires, car ces poinçons sont souvent falsifiés : « Celui qui veut réaliser un bijou d’une époque donnée de façon frauduleuse essaiera toujours d’imiter les poinçons. C’est pourquoi en joaillerie scientifique, on n’observera pas uniquement le poinçon, mais aussi l’oxydation qui se produit dans les creux de la marque du poinçon. |
L’usure du bijou au cours des temps est un élément qui peut nous faire découvrir si la pièce est varie ou fausse… »
une démarche scientifique… L’étude macroscopique d’un bijou repose en fait sur des techniques de base d’observation. Il convient tout d’abord d’observer le genre du bijou, puis les techniques de fabrication, les erreurs éventuellement commises, les types de sertissage et de montage, il faut ensuite évaluer les matériaux, les métaux et les pierres, et compléter l’analyse avec les marques des poinçons. La démarche est radicalement scientifique, basée sur une observation méthodique, sur des critères rationnels, et sur une vérification permanente des données.
reportage et compte-rendu conférence,
Marylise Dupuy, Alexandre Moreno, Annelyse Albouy,
Alexandra Geoffroy, Florian Goninet et Angélique Guillot.
internet « Aurygem Espana », Madrid : http://www.aurygem.com